Coups de foudre : chacun son paratonnerre

Les coups de foudre ne sont pas que des histoires d’amour. Ils peuvent être létaux. La période d’hivernage de l’année 2019 a été meurtrière au Sénégal. Pas moins de 9 personnes ont été terrassées par la foudre.
La foudre, le tonnerre et les éclairs ont toujours été des éléments naturels qui bouleversent les habitudes.

Foudre - Crédit Photo : Felix Mittermeier sur Pixabay - Libre
Foudre – Crédit Photo : Felix Mittermeier sur Pixabay – Libre

Selon le dictionnaire Larousse, la foudre est définie comme une décharge électrique aérienne, accompagnée d’une vive lumière (un éclair) et d’une violente détonation (le tonnerre), se produisant entre deux nuages ou entre un nuage et le sol. Mais dans chaque culture, pays et continent chacun a sa croyance sur ces 3 phénomènes étroitement liés. Leur point commun est que foudre, éclairs et tonnerre ont toujours été considérés comme une démonstration de force suprême, que ce soit en bien ou en mal.

Chacun aussi avait sa méthode pour s’en protéger. Et je ne parle pas des paratonnerres. Ou plutôt disons que chacun a son paratonnerre.

La foudre, les éclairs et le tonnerre, des signes divins ?

La foudre, l’éclair et le tonnerre ont toujours été considérés comme des moyens utilisés par Dieu pour réaliser ses desseins. Que ce soit dans la Bible ou dans le Coran, ils sont cités comme des démonstrations de puissance de la part de l’être suprême. Et plusieurs versets de ces deux livres le démontrent. La voix de Dieu est décrite comme un tonnerre ou encore il envoie la foudre sur les ennemis de son peuple pour les vaincre. Dans les religions traditionnelles africaines, c’est la même conception.

Au sud Togo, le dieu qui est censé posséder cette force est appelé « Hêbiesso ». Et sa spécialité est souvent de s’occuper des voleurs. Généralement, il est considéré qu’une victime d’un vol peut avoir recours à lui pour frapper son voleur. Et la victime n’a pas besoin de connaître le malfaiteur. Il suffit de consulter et de payer ce qu’il faut et « Hêbiesso » s’occupera du reste.

De nos jours, les chrétiens évangéliques, qui croient en la régénération spirituelle et qui sont moralement opposées aux pratiques invoquant « Hêbiesso », préfèrent réagir par des « feux sur toi » lorsqu’ils se sentent attaqués.

La foudre, les éclairs et le tonnerre servent donc à tout le monde, qu’on en appelle à l’Esprit saint ou à un autre esprit. Ils sont censés inspirer crainte et peur.

Nos paratonnerres

Pour se protéger de la foudre ou du tonnerre il faut bien des paratonnerres. Vous pensez sans aucun doute à un outil purement technique, mais nous avons tous nos paratonnerres métaphoriques.

Quand nous étions enfants, le premier réflexe est de se mettre bien sous une grosse couverture dans le tonnerre gronde. On se pensait protégés par ce réflexe naturel. Nous devions aussi nous boucher les oreilles.

Ma mère, quant à elle, passait son temps à dire à chaque coup de tonnerre « Blewou, d’evio la gni gban dzi » (Doucement, les enfants sont sur la terre). Une sorte de rappel au ciel pour lui dire d’avoir pitié des êtres humains. Nous en rions mais elle nous répondait que nous ne comprenions rien car nous étions trop jeunes. Sa grande recommandation aussi était de retourner tous les miroirs de la maison.

Il y avait également une sorte de mille-pattes qui aimait bien sortir dans les jardins ou les cours des maisons en période de pluie. Il était communément appelé « Dzidégbé » (le tonnerre). On racontait que ses morsures causaient des douleurs qui ne s’arrêtaient qu’au coup de tonnerre suivant. Je n’ai jamais expérimenté, ni vu une de ses victimes, mais je préférais éviter ce petit animal.

En somme, nous pouvons dire que la plupart des phénomènes naturels sont associés à des actions ou réactions divines. Beaucoup pensent que les morts dues à la foudre sont une réaction de Dieu contre le pays.

Que ce soit la religion chrétienne, musulmane, animiste ou les autres, chacun y va de son explication. Là où le bât blesse, c’est qu’avec ses interprétations diverses, beaucoup oublient les moyens techniques de protection qui existent et qui peuvent sauver des vies. On ne le dira jamais assez, il faut des paratonnerres pour protéger nos villes.

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