Quand je vous dis « réseaux sociaux », je suis sûr que vous pensez automatiquement aux plate-formes en ligne comme Facebook, Twitter, Youtube, LinkedIn, Flickr, Pinterest, Foursquare, Instagram et que sais-je encore. Détrompez-vous. Avant de se transposer sur les ordinateurs et smartphones, les réseaux sociaux étaient d’abord dans des lieux physiques comme les maisons, les bureaux, les églises mais aussi et surtout dans les bars !
D’ailleurs ce n’est pas pour rien qu’au Cameroun, à Douala notamment, on trouve des bars dénommés « Facebook » ou encore « Wattsap » (je suis sûr que le propriétaire voulait écrire WhatsApp) ».Vous croyez que quoi ? Les bars ne sont pas seulement présents sur Facebook (avec leur page), les bars sont eux-mêmes Facebook.

Les spécialistes disent qu’un réseau social est, par définition, un ensemble d’individus ou d’organisations reliés par des interactions sociales régulières. Il devient alors simple de prouver qu’un bar en est un. Il nous suffit de trouver des individus, des organisations et des interactions et le tour est joué.
Les individus et les organisations
Quoi de plus simple. Un bar sans clients est-il un bar ? (J’en suis venu à parler comme un Camerounais, toutes leurs conversations sont des questions même quand ils veulent vous dire oui ou non).
Les acteurs de ce réseau social sont : les buveurs, les serveurs, le gérant et les vendeurs de cigarette, de brochettes et de mouchoirs ou autres. Je ne vais pas faire semblant d’oublier les prostituées qui se mêlent souvent aux clients. D’ailleurs elles sont clientes aussi puisqu’elles achètent elles-mêmes leurs boissons si aucune autre personne ne leur en a encore offert. Les vendeurs de brochettes qui sont à côté participent eux aussi aux conversations ou transactions.
Les organisations sont constituées par les tables. Autour d’une table, les clients se réunissent par affinité ou au gré de leurs intérêts. Ceci est semblable aux différents groupes auxquels on adhère et aux pages qu’on aime sur les plateformes en ligne.
Les interactions
Les interactions sont de diverses natures qu’elles soient ou non impulsées par la consommation de bière…
Les conversations à voix haute ou à voix basse, les bagarres à cause de désaccords, les insultes dues au taux d’alcool élevé, les divers commentaires sur l’actualité – qu’elle soit politique, sociale ou sportive – sont les différentes interactions entre les individus et les organisations (tables). On se partage des bières, des filles s’asseyent sur les cuisses des hommes. Des clients indélicats peuvent arriver à flatter la croupe d’une serveuse. Tout ça c’est comme si on était en ligne : on peut frustrer, flatter ou contenter les uns et les autres par nos propos et commentaires.
Tout comme en ligne, on peut inviter un individu (lié à une table ou non) à rejoindre un groupe. Depuis sa table, un individu peut apprécier ce qu’une personne a dit et le faire savoir (il a fait un « like », le pouce levé). On peut rire à gorge déployée ou être mort de rire (en ligne on aurait écrit « mdr » ou « lol » ou on aurait choisit une émoticône).
Les interactions débutées en ligne peuvent aboutir à des rencontres. Les contacts dans les bars aussi peuvent donner des suites. On peut s’échanger les contacts pour se revoir. Les plus habiles peuvent réussir à ne pas rentrer seul(e)s ou bredouilles à la maison, si vous voyez ce que je veux dire.
Ceux avec qui on ne parle pas, dans un bar, sont comme les personnes que nous voyons sur Facebook ou Twitter sans jamais leur adresser un mot.

La drague reste une interaction de taille dans les bars, sur les plateformes modernes c’est pareil.
Tout change et il faut vivre avec mon temps me direz vous. Je vous répondrais que nous avons souvent tendance à oublier que beaucoup de mots ou expressions ont juste pris d’autres sens de nos jours, alors qu’ils ont toujours existé.
Si quelqu’un n’est pas d’accord avec moi, qu’il lève le doigt et qu’il mette son commentaire juste en dessous de ce billet.
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