Après la pluie, ce n’est pas toujours le beau temps

La Comtesse de Ségur a légué à la postérité un livre dénommé « Après la pluie, le beau temps ». Ce titre est devenu une citation célèbre. A chaque saison pluvieuse, elle résonne fortement dans ma tête comme une moquerie.
Même si vous me dites le contraire, nous en Afrique, on sait qu’après la pluie ce n’est pas toujours le beau temps. Mieux, on le vit.

Sacs remplis de sable pour absorber l'eau de pluie - Photo libre : Fesikreporter via pixabay.com

Sacs remplis de sable pour absorber l’eau de pluie – Photo libre : Fesikreporter via pixabay.com

Dans des pays comme les nôtres dont les économies dépendent largement de l’agriculture, nous devons tous prier pour avoir de bonnes saisons pluvieuses. Pourtant vous serez étonnés que dans beaucoup de nos villes, cette période est très redoutée. Du moins, on souhaite souvent que la pluie épargne nos villes et se limite juste à la campagne.

Les inondations

Lomé, Abidjan, Cotonou, Douala, Dakar pour ne citer que celles-là sont, à chaque saison de pluies, sujettes à des inondations. Au fil des ans, rien ne semble être fait pour prévenir ou éradiquer le mal. Les populations ne font que constater les dégâts et subir les conséquences désastreuses de ce qui devait plutôt rafraîchir la nature et faire penser à de belles récoltes. A la limite, elles maudissent Dieu de faire tomber la pluie. Pourtant ce sont les gouvernants qui ne prennent pas le problème au sérieux. Les constructions continuent d’être réalisées dans des zones reconnues inondables sans que personne ne lève le petit doigt. Ces inondations se soldent même souvent par des pertes en vies humaines, comme en 2015 à Accra au Ghana.

Les ordures

Dans beaucoup de nos quartiers, il existe des décharges à ciel ouvert. Elles ne sont pas conventionnelles mais les populations sont obligées d’y recourir à cause de l’inexistence ou de l’insuffisance du service fourni en matière d’évacuation des ordures ménagères. Après chaque pluie, des odeurs pestilentielles de ces ordures emplissent l’atmosphère de beaucoup de quartiers de nos villes.

L’eau de pluie devient alors un catalyseur de mauvaises odeurs. Les amas d’ordures non évacués qui ont été mouillés par la pluie sortent des senteurs qui n’ont rien à envier à un groupe de putois.

Les eaux usées (égouts)

Les quartiers sont très peu viabilisés ou pas du tout. Les canalisations sont quasi-inexistantes. A Dakar, par exemple, chaque année avant la saison des pluies la mairie fait un curage des égouts et canalisations. Mais cela ne donne aucun résultat. A chaque pluie, les canalisations sont bouchées ou ne résistent pas au volume d’eau. Elles cèdent souvent et retour aux inondations ou au rejet d’eaux usées et autres choses dont je n’ose pas citer les noms ici.

L’état des chaussées

Les chaussées deviennent souvent impraticables pendant et après les pluies. Pendant la pluie, la quantité d’eau stagnant sur la chaussée est importante. Elles peuvent atteindre, à certains endroits, le niveau des portières des véhicules voire même les dépasser. Aucun système de drainage des eaux n’existe souvent ou au cas où il existe, il ne l’est que de nom. Le sable des rues avoisinantes, souvent non goudronnées, aussi se retrouvent sur la chaussée grâce au ruissellement des eaux.
Le goudron qui est, souvent, déjà mal fait se décape assez facilement. Ce qui crée des trous sur la chaussée. La circulation devient assez difficile après les pluies.

Les mauvaises langues me diront qu’il y a aussi eu des inondations au Québec cette année. Je leur dirai de ne pas être de mauvaise foi car les quantités de pluies n’ont rien à voir avec les nôtres et encore que la réaction des autorités compétentes a été efficace.

Il est urgent que nos différentes capitales soient pourvues de vrais systèmes d’assainissement et de drainage des eaux. Il faudra aussi sensibiliser les populations à des comportements responsables quant à la gestion des ordures ménagères. Mais avant de le leur demander, les gouvernants se doivent de créer des services de gestion efficaces de l’assainissement, de l’évacuation d’eau, des ordures.

Sans cela, après les pluies le temps nous paraîtra toujours morose et jamais beau. Même si cela ne fera pas réécrire son livre à la Comtesse de Ségur.

Par Roger Mawulolo [Facebook] [Twitter]

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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