Sénégal – Ramadan : objectif lune

« Objectif lune » vous rappelle certainement la bande dessinée Tintin et Milou. Ici, il s’agit plutôt de voir les influences de cet astre sur la période du Ramadan, particulièrement au Sénégal.
Les années où toutes les communautés musulmanes du Sénégal arrivent à commencer ensemble le Ramadan sont rares, cela semble relever de l’exploit. Depuis plus de treize ans que j’y vis, cela n’est arrivé que 2 ou 3 fois ! Et c’est la lune qui est toujours mise en cause.

Croissant lunaire dans le ciel – Image libre de droits : Samuel Zeller (www.pixabay.com)

Selon les règles, le Ramadan (4è pilier de l’Islam) débute et prend fin avec l’apparition du croissant lunaire. La difficulté réside donc dans l’observation du premier croissant lunaire à la période donnée. Doit-on attendre de le voir avec les yeux ou doit-on se fier aux appareils d’observation ou encore aux autres ?

La commission nationale d’observation du croissant lunaire

Pour harmoniser les positions, le gouvernement sénégalais a mis en place la commission nationale de concertation sur le croissant lunaire (Conacoc). Dirigée actuellement par Ahmed Iyane Thiam, elle se réunit souvent à la Radiodiffusion Télévision du Sénégal (RTS) pour observer le croissant lunaire et rendre un verdict. Elle fixe ainsi les dates de début et de fin du Ramadan, selon la scrutation qu’elle fait de la lune. Bien qu’elle elle ait été suivie dans sa décision par l’ensemble des Sénégalais cette année, cela n’a pas toujours été le cas. Je me souviens qu’en 2012, cette commission a même eu une concurrente, cela avait rajouté à la controverse déjà existante.

En cette année 2017, toutes les confréries musulmanes du Sénégal ont pu s’entendre avec la commission pour commencer le Ramadan à l’unisson, le samedi 27 mai. Cet accord est assez rare !

L’année dernière, l’Association sénégalaise pour la promotion de l’astronomie (Aspa) s’est mêlée au débat. Elle a tenté de convaincre que le croissant lunaire n’est pas toujours visible à l’œil nu. Que nenni !

Ceux qui ne suivent pas toujours la commission

La norme veut que, du moment où deux personnes de bonne foi déclarent avoir vu le croissant lunaire, tous les croyants débutent le Ramadan. Au Sénégal, il y a toujours une particularité. C’est l’interprétation ou la conception même du terme « personne de bonne foi » qui, souvent, fait varier les dates de début du jeûne. Chaque membre d’une communauté spécifique préfère attendre que son guide religieux ou ses proches collaborateurs déclarent valide la vue du croissant lunaire, avant de débuter son jeûne. D’autres encore considèrent que, si un certain nombre de pays étrangers débutent le jeûne, ils peuvent alors débuter le leur. Certains pays s’alignent souvent sur la décision de l’Arabie Saoudite.

Certains puristes veulent coûte que coûte apercevoir la lune avec leurs propres yeux avant de débuter le jeûne. Ce qui se révèle parfois assez difficile, surtout si le ciel est couvert de nuages. Cette catégorie de personnes n’admet pas que l’on puisse se fier à des appareils modernes ou aux prévisions des astronomes. Le livre sacré indique qu’il faut voir de ses yeux le croissant de lune, donc ils s’y tiennent.

Ce n’est pas parce-que le début du ramadan a été le même pour tous au Sénégal cette année que la fin le sera aussi, car il va encore falloir observer la lune pour rompre. La commission officielle sera t-elle suivie dans sa décision pour la célébration de la Korité ou Aïd-el-Fitr (fête marquant la fin du Ramadan) ? Mystère et boule de gomme.

Le bon côté de toutes ces incertitudes, c’est qu’une année, nous avons eu droit à deux jours fériés à la fin du Ramadan (j’espère que mon employeur ne me lit pas) !

Salam à tous et Ramadan moubarak.

Par Roger Mawulolo [Facebook] [Twitter]

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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3 Commentaires

  1. Cette histoire de Lune. J’ai toujours été intrigué et fasciné par ce « petit mystère » qu’il y’a autour.

    Mais n’est-ce pas ce qui fait la particularité du Ramadan ? Comme tu l’as dit ce sont les congés qui nous profitent bien .

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