Tongasoa* à Antananarivo, mon amour (Partie 2)

Ses douze collines, son artisanat, son architecture, ses salons de massage, ses rizières et ses briqueteries traditionnelles m’ont permis de vous dévoiler mon amour pour Antananarivo dans mon précédent billet.
Dans ce deuxième billet vous découvrirez les autres raisons qui font battre mon cœur pour elle.

Antananarivo : zébus au repos devant une charrette - Photo : Roger Mawulolo

Antananarivo : zébus au repos devant une charrette – Photo : Roger Mawulolo

Les mondoblogueurs

Dès qu’ils ont su que j’arrivais, ils se sont organisés, malgré leur emploi de temps chargé, pour qu’on ait un temps ensemble. Nous nous sommes donc retrouvés dans un restaurant non loin de la gare de la ville à Antaniména. Nous étions finalement cinq sur la douzaine prévue. Ce qui n’a rien enlevé à la qualité de notre rencontre. Nos discussions ont tourné autour de Mondoblog (évidemment) et de nos activités personnelles. On a alors su qu’untel est étudiant, que l’autre travaille dans une banque, que telle est mère de famille et règle bien toute affaire sociale qui ose lui faire face. Ces affaires se transformant parfois en billets sur nos blogs. Les 4 mondoblogueurs malgaches qui étaient avec moi : Lalah, Rindra, Andri et Rija. Ne vous étonnez pas, ce ne sont que les diminutifs de leur prénom respectif car en Madagascar tout le monde a un diminutif. Ce qui est normal vu la longueur des noms et prénoms malgaches !
Même des anecdotes sur nos familles et des informations sur nos parcours scolaires ont été partagées. Le tout autour d’un très bon repas.
Chers mondoblogueurs de Tana, je vous dis : « misaotra tompoko » (merci en malagasy, langue locale à Madagascar).

Les zébus

S’ils ne le consommaient pas, j’aurais dit que « le zébu est pour le malgache, ce que la vache est pour l’indien ». Cet animal est très présent dans la ville de Tana. Il est courant de voir une charrette en pleine ville, sur une voie goudronnée, tirée par deux zébus. Sinon, vous pourrez aussi les voir dans les rizières en train de tirer une machine à labourer.
Tous ces services rendus n’empêchent pas de voir beaucoup de menus servis avec la viande de cet animal. En somme, ils servent mais on les sert aussi (dans les restaurants bien sûr).

Le système de transport

Tarifs et arrière d'un taxibe - Photos : Roger Mawulolo

Tarifs et arrière d’un taxibe – Photos : Roger Mawulolo

Il m’a bien fallu me déplacer depuis Ivato pour aller vers la gare qui se trouve à Antaniména. J’ai redécouvert le système de transport de Tana. Les taxis sont de vieux modèles de véhicules dont les fabricants ont certainement oublié l’existence sauf peut-être les collectionneurs. C’est avec un grand plaisir et une vraie curiosité que j’ai redécouvert les « 2 chevaux », les Renault 4 et les Peugeot 106. La stratégie des chauffeurs est simple : ne prendre du carburant que quand la course est assurée et le client trouvé. Par 4 fois, j’ai vu le scénario se répéter.
A part les taxis, vous avez les taxibe. Ce sont les mini-bus de transport en commun. On peut le prendre n’importe où et descendre n’importe où pour peu que l’on soit sur son axe normal. On en trouve avec des inscriptions diverses surtout sur le pare-brise arrière.
Ils sont souvent de couleur blanche barrée au milieu dans le sens horizontal par un trait rouge.
Les chauffeurs sont des spécialistes de la gestion des embouteillages, ils savent forcer un passage ou trouver un raccourci en fonction des heures.

Renault 4 et "2 chevaux" - Photo : Roger Mawulolo

Renault 4 et « 2 chevaux » – Photo : Roger Mawulolo

La cuisine

Les rizières en plein Tana ont leur explication : le riz est l’aliment le plus consommé par les Malgaches. Côté viande, il y a une très grande préférence pour le porc et le zébu. Les oiseaux ne sont pas en reste. Beaucoup de restaurants proposent le canard laqué, certainement dû à l’influence chinoise (les Chinois sont très présents à Madagascar). Les fruits de mers sont aussi disponibles et Madagascar ne manque pas de fruits. C’est un pays assez pourvu en aliments.
Venant de Dakar où on mange beaucoup de riz et de poissons, je n’ai pas du tout été dépaysé, alimentairement parlant, à Tana.

La sécurité (dans les banques et chez les opérateurs de téléphonie mobile)

Une chose qui m’a marqué c’est qu’à chaque fois que j’entrais dans une banque, le vigile me demandait pour des raisons de sécurité d’enlever ma casquette. Et comme j’en porte presque toujours, cela me faisait réagir. J’émettais toujours une petite protestation car à Dakar où je vis, cela ne posait aucun problème. Mais j’ai fini par conclure que l’environnement sécuritaire l’imposait.

L’autre aspect qui m’a fait sourire est que, lors de l’identification de la puce téléphonique que j’ai acquise, j’ai été pris en photo. Dans tous les autres pays que j’ai visités, l’identification s’arrêtait au remplissage d’un formulaire et à la copie de la pièce d’identité. A Madagascar, on vous prend en photo en plus.

Les Africains

L’Union africaine a encore beaucoup de travail à faire à Madagascar. La majorité des Malgaches nous appellent généralement, nous autres venant du reste du continent, les Africains. Ils ne semblent apparemment pas faire de distinctions entre Togolais, Sénégalais, Ivoiriens, Camerounais, Béninois ou autres. Plusieurs fois dans nos conversations, on me posa des questions ou on s’adressa à moi en commençant par « Vous les Africains… ». J’ai souvent eu envie de rétorquer que les Malgaches sont aussi Africains. Mais je me suis toujours retenu et je ne manquais pas de seulement sourire.

Oui je souriais car à Tana, ton interlocuteur te sourit toujours quand tu t’adresses à lui. Surtout s’il ne comprend pas ce que tu lui dis.
Le Malgache est tellement poli qu’il ne peut pas te dire qu’il ne comprend pas ton français. Alors à toi de deviner qu’il faut reprendre les explications.

Sacré Tana, pour tout ça je t’aimerai toujours. « Veloma » à toi et à la prochaine.

Par Roger Mawulolo (Facebook | Twitter)

Tongasoa : « Bonne arrivée » en Malagasy, langue locale
Veloma : « Au revoir » en Malagasy

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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5 Commentaires

    1. Oui venez faire du tourisme au pays, ça rendrait le sourire à notre cher ministre du tourisme.

      La prise de photo à l’achat d’une carte SIM est très récente ici: depuis ce janvier. D’ailleurs, en tant qu’informaticien et amateur juriste, je pense que c’est pas très légal / obligatoire

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