Tabaski au Sénégal : rien ne se perd, tout se crée et se transforme en mouton

La fête de Tabaski est l’une des plus importantes fêtes religieuses au Sénégal. Et le point central de cette fête se trouve être le mouton. Cet animal qui fait l’objet de sacrifice pour cette fête est omniprésent dans les maisons comme dans les rues de Dakar. Au Sénégal, à Tabaski, tout se transforme en mouton.
Les négociations avec les filles (si vous voyez ce que je veux dire) ou les transactions d’argent peuvent se transformer en échange de moutons. Même dans nos réservoirs de véhicules, il y a du mouton sans oublier les voies que nous empruntons.
Lisez et vous comprendrez.

Point de vente de moutons

Point de vente de moutons

Les filles et les femmes

Faire des conquêtes féminines à l’approche des fêtes n’est pas forcément une bonne idée. Et la fête de Tabaski ne déroge pas à cette règle surtout dans un pays à majorité musulmane comme le Sénégal (je suis sûr qu’en Guinée et au Mali, ce doit être pareil). En cette période, les filles n’hésitent pas à céder (trop facilement) aux conquêtes des hommes aux portefeuilles et comptes en banque bien garnis. Un seul objectif : se garantir mouton(s) et argent (pour les bijoux, bazins et autres accessoires). Ce qui dérange un peu les conceptions pieuses, c’est que certaines filles deviennent des multiprises car elles disposent de plusieurs « preneurs ». Je veux dire qu’elles ont plusieurs « amants » en charge de la gestion de leur Tabaski. En wolof on appelle « mbarane », l’art de collectionner les amants. En période de Tabaski, le taux de « mbaranisation » monte en flèche. Et un homme averti devrait pouvoir détecter les « mbaraneuses » (adepte du mbarane) de loin sauf si lui-même joue le jeu (oui à maligne, malin et demi :D).

Les hommes mariés ont eux aussi des devoirs en période de Tabaski. Il va falloir offrir un mouton bien dodu à ses beaux-parents. Peu importe les moyens dont vous disposez. On peut trouver, à Dakar, des moutons qui coûte jusqu’à 1,5 million de francs CFA voire plus. Les polygames, qui n’ont pas de moyens financiers conséquents, sont à plaindre car il va falloir satisfaire plus d’une belle-famille.

Les réservoirs de véhicules et les rues remplis de moutons

Ne vous inquiétez pas. Le carburant à base de mouton n’est pas encore d’actualité. Mais à l’approche des fêtes de Tabaski, acheter du carburant au Sénégal peut vous faire gagner des moutons par le biais de tickets qu’on vous remet à l’achat. Vous comprendrez donc l’expression « le mouton peut se retrouver dans nos réservoirs de carburant ».

La circulation est aussi fortement entravée par les divers « stands » de vente de mouton qui assaillent les rues, les trottoirs et les terre-pleins centraux de Dakar. Ces points de vente réglementaires et anarchiques créent des embouteillages car à cause des attroupements et des parkings improvisés. La nourriture de bétail y trouve aussi sa place.

Le transfert d’argent

Les campagnes marketing des opérateurs de transfert d’argent permettent, en période de Tabaski, de gagner des prix en « mouton » lorsque l’on envoie ou reçoit de l’argent. Dénommées « khar ak khaliss » (mouton et argent en wolof), ces opérations publicitaires sont annoncées par de grands panneaux dans toute la ville. Ensuite sur les chaînes de télévision, on assiste à la remise des moutons gagnés.
Je ne citerai ici les noms des sociétés ni ne montrerai les panneaux : ce serait une publicité gratuite sans mouton en contrepartie.

Pour finir, je vous rappelle une règle : la taille du mouton offert doit être proportionnelle à l’amour qu’on porte à la femme à qui on l’offre. Toute conception contraire se retournera certainement contre l’homme.
Bonne fête de Tabaski à vous et surtout n’oubliez pas que l’essentiel est de rendre grâces à Dieu.

Par Roger Mawulolo (Facebook / Twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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9 Commentaires

  1. Ahahah le titre plante le décor ! Je pense qu’il ya beaucoup de mbaraneuses qui n’ont pas forcément des amants mais des personnes avec qui elles sortent sans pour autant aller plus loin (oui oui ça existe). En tous cas article qui tombe vraiment à pic.

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