« 22 minutes » : MC Kalash l’enfant pirate, mon héros

J’ai visionné, il y a quelques jours, le film russe « 22 minutes ». Là où beaucoup ne voit que le succès de l’opération commando qui confère à un soldat russe le rôle d’acteur principal, moi mon cœur a été touché par le cas de MC Kalash. Tout simplement parce que cela nous ramène à l’éternel problème de l’enfant ou de l’adolescent exploité par des hommes véreux. MC Kalash est comme un enfant soldat. Disons plutôt qu’il est un enfant pirate.
Ce film classé dans la catégorie « Action », moi je le classe dans la catégorie « Drame », car MC Kalash (rôle tenu par Gaël Kamilindi), mon héros, a perdu la vie à la fin.

Les fameux leaders : toujours de l’exploitation de l’homme par l’homme

Affiche du film

Affiche du film

Le chef des pirates somaliens nommé Amin est un « rescapé » de l’Occident où il a étudié et vécu. Il revient au pays proposer, selon lui-même, aux jeunes un moyen de s’en sortir et de libérer la patrie. Et cela passe par le piratage, le vol et tout ce qui suit. Bref devenir des hors-la-loi au service de la cause du Chef. Il était un seigneur de guerre.

Cela ressemble étrangement aux politiciens qui sur la base d’une puissance financière ou intellectuelle exploite comme ils veulent les ignorants et les peu (pas) éduqués.

Et comme toujours, ces fameux et soi-disant leaders se préoccupent très peu de la vie de ceux qu’ils enrôlent. Amin a fait mettre des explosifs sur le bateau sans prévenir ses hommes. Il a aussi fini par régler son compte à MC Kalash en le poignardant à mort.

De toutes les façons, les promesses politiques n’engagent que ceux qui y croient. Même pas ceux qui les font.

La pauvreté et l’ignorance, toujours et encore sources de tous les maux…

Des échanges de Kalash avec le soldat russe capturé, il ressort que l’adolescent et son grand frère se sont engagés dans la bande d’Amin pour se procurer des moyens suffisants pour mener une vie décente et surtout quitter la Somalie. MC Kalash était même prêt à faire la prison pour après pouvoir vivre en Europe. L’immigration, source supposée de réussite refait surface. MC Kalash a un ami pour qui tout roule bien après son séjour en prison en Hollande.

MC Kalash était un rappeur qui a composé ses propres morceaux mais ce style de musique est déclaré « haram »(proscrit par la religion) par ses chefs au nom de la religion. Son insouciance d’adolescent lui permettait de continuer sa musique en cachette.

Combien de jeunes enfants ou adolescents dans les zones en conflit se voient ainsi priver de leur liberté de vie, de loisirs et d’actions ? On les prive tout simplement de leurs rêves

Et comme toujours le réveil est douloureux voire fatal …

 L'arme de MC KalashL’arme de MC Kalash

Au moment où MC Kalash a pris conscience que le fameux chef libérateur ne faisait en fait que les exploiter, il était trop tard. Il a fallu que son grand frère soit donné en pâture aux requins. Piqué au vif, Kalash se rend compte qu’on se servait d’eux et a donc décidé d’aider les Russes dans leurs tentatives de libération du tanker.

Usant de sa composition musicale « rap », il a fait la diversion dont le commando russe avait besoin pour faire son assaut. Il a perdu la vie en héros, poignardé par Amin, le fameux Chef.

J’espère que beaucoup de jeunes de zones en guerre et surtout les enfants soldats pourront avoir, un jour, un meilleur sort que MC Kalash et être libérés de leurs oppresseurs qui sont, en fait, des gens que les situations de paix n’arrangent pas.

Vu que ce film est tiré d’une histoire vraie, je dis : « Mon cher MC Kalash que la terre te soit légère ».

N. B : j’ai omis volontairement les noms des Russes en guise d’hommage à Kalash seul

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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