Crédit: "27 avril s'il m'était chanté" - Photo : Choeur de l'Unité Togolaise

Fête de l'Indépendance au Togo : le «27 avril, s'il m'était chanté»

Le « 27 avril, s’il m’était chanté » est le nom donné aux concerts de célébration des anniversaires de l’Indépendance du Togo. Quatre années déjà que le Chœur de l’Unité Togolaise, son initiateur, offre cette célébration tout en musique. De belles surprises ont été servies au public. Comme en 2020, le concert s’est déroulé en mode virtuel, sur les plateformes YouTube et Facebook du groupe. La pandémie de coronavirus oblige.

« 27 avril s'il m'était chanté » avec le Chœur de l'Unité Togolaise - Photo fournie par le Chœur
« 27 avril s’il m’était chanté » avec le Chœur de l’Unité Togolaise – Photo fournie par le Chœur

Cette édition 2021 du «27 avril, s’il m’était chanté » en a agréablement surpris plus d’un. Au-delà des prestations musicales, les internautes ont eu droit à une sorte de théâtre chanté.

Au rythme des périodes marquantes de l’histoire du Togo, les titres des chants se sont égrenés, surtout dans la première partie. Ainsi, de l’arrivée des colons Portugais à nos jours, en passant par la traite négrière et les diverses dominations occidentales sous lesquelles le pays a transité, chaque ère a eu son chant.

Que dire de la qualité du collège de narrateurs faisant office d’« impresario ». Conduit par Mario Attidokpo, l’ensemble intitulé « Les griots noirs » du Togo a donné un cachet particulier au concert. Un pur délice que d’écouter et voir ce groupe de conteurs, fondé en 1998. Un scénario savamment orchestré. Tout en musique dirais-je.

Les internautes n’ont pas manqué de faire part de leurs commentaires admiratifs pendant le direct. Partons donc à la découverte du chef d’œuvre.

Le parcours du drapeau national, tout un symbole

Le drapeau du Togo a débuté son parcours pour ce concert, à Kara, ville située à 500 kilomètres de la capitale Lomé. Il y a cheminé de la statue du Père de la nation à la Place de la victoire.

Il est ensuite passé par la faille d’Alédjo puis a atterri à Lomé. Là, il a notamment parcouru le carrefour « les deux lions », (situé à Agoé, un quartier au nord-ouest de Lomé), la colombe de la paix, la place de l’Indépendance, le rond-point de l’aéroport international Général Gnassingbé Eyadéma pour atterrir à la salle de spectacle.

« Mia denyigbã lonlon la » (Notre patrie bien aimée) de Ephraïm Amou a sanctionné l’arrivée du drapeau.

Les origines et les hymnes d’avant le 27 avril 1960

L’histoire de cette partie a donc transitée par les arrières grands-pères, le grand-père, le père du narrateur principal qui l’a ensuite raconté à sa mère. Et cette dernière l’a transmise à son fils. En tout cas, c’est ce qu’il a dit. Certainement que pour l’équité du genre, une valeur chère au Togo, la place de la femme devait être marquée.

Le fil de l’histoire a donc donné l’interprétation des chansons. Et la première fut « Blewu » (Lentement mais sûrement) de Bella Bellow. Pour dire comment la marche du peuple a été patiente même quand elle n’a pas toujours été paisible.

Ensuite, une série de 4 hymnes de pays autres que le Togo a été exécutée. Ne soyez pas étonnés car l’histoire du pays le justifie. De protectorat allemand sous le nom Togoland, le pays a été tour à tour sous domination britannique puis française. Et avant d’être connu sous sa forme actuelle, le Togo a eu une de ses parties rattachée à l’ex Gold-Coast (actuel Ghana). Le Chœur de l’Unité a donc matérialisé cette frange de l’histoire nationale par l’exécution des hymnes allemand (Deutschlandlied), anglais (God Bless The Queen), français (la Marseillaise) et ghanéen (God Bless Our Homeland Ghana).

Les griots noirs durant le concert «27 avril, s’il m’était chanté» – Photo fournie par le Chœur de l’Unité Togolaise

Les hymnes à partir du 27 avril 1960

Le 27 avril 1960, l’hymne national « Terre de nos aïeux » est devenu celui du Togo. Mais beaucoup ignoraient, sans doute, jusqu’à cette édition du « 27 avril, s’il m’était chanté », que 3 compositions ont été en compétition avant ce choix.

Le Chœur de l’Unité Togolaise a ainsi fait ce rappel historique en les exécutant. Tour à tour « L’Éternel, bénisse le Togo » de Humpfrey Kwassi Gonyuie, « Medo gbe na wo » de Seth Yeboah puis « Terre de nos aïeux » de Alex Casimir Etsri Dosseh-Anyron, qui allait définitivement être retenu, ont été exécuté. Le dernier cité l’a été en français et en éwé.

Après le rappel des différents présidents qui ont dirigé le Togo, « Unité nationale » qui a été l’hymne du Togo du temps du parti unique dès l’année 1969, a été chanté. Par abus de langage, beaucoup de Togolais nomme cet hymne « Écartons tout mauvais esprit ». Ce qui a dû rappeler des souvenirs à beaucoup, surtout les Togolais nés avant 1990.

Un petit détour par les chansons populaires et scolaires

« Nye denyigba lonlon si dzi wo dzim d’o la » (Ma patrie bien aimée qui m’a vu naître) de Bella Bellow a servi d’ouverture à cette phase, puis « Koulémé » (C’est dangereux), d’une autre grande voix de la musique togolaise, Fifi Rafiatou a été interprété.

« Indépendance tcha-tcha » du Congolais Joseph Kabasélé a donné des airs de rumba au concert. Mais avant que le lingala congolais ne résonne, le célèbre « Toutou gbôvi » a fait sombrer le narrateur principal dans un profond sommeil. Ses jeunes compères ont dû alors le réveiller avec énergie. Ce qui est normal puisque cette chanson est une des douces berceuses dont usent les mères togolaises pour endormir ou calmer les bébés. Le dormeur réveillé a ainsi avoué que la mélodie a été trop « succulente » à ses oreilles. Ce sont ses mots.

Les chansons scolaires, qui ont rythmé la vie d’écoliers des togolaises et togolais, ont fait vibrer la toile si l’on s’en tient aux commentaires reçus. Que d’émotion ! « Le pays que nous habitons s’appelle le Togo », « le village que tu vois tout là-bas », « le matin tout resplendit », « je te chante ma patrie », « Citoyens togolais » et « Mihé yi agblé fan » (Allez aux champs) ont donné la chair de poule à plus d’un. Kékéli Woussou, le directeur technique du Chœur de l’Unité Togolaise s’est chargé de leur arrangement musical. Un talent sûr à encourager.

Une chute tout en retro et respect aux aînés

« Xôla kplôm » (Conduis-moi Sauveur) et « Mia denyigba lonlon la », deux chansons en langue éwé ont été exécutées. Puis, la dernière ligne droite a été amorcée par un featuring entre le Chœur et l’artiste togolais Agboti Yawo.

L’intemporel « ablodé gbadza » (Indépendance totale) a été exécuté. Puis « tsô wo dzi » (Donne ton cœur à …) a servi de note finale à ce concert. Le Chœur de l’Unité Togolaise a ainsi montré tout son respect et sa reconnaissance envers l’œuvre musicale des anciens.

Au total, au moment de la mise en ligne du présent billet, soit 48 heures après l’évènement, près de 29.500 vues, 1040 likes et 1315 commentaires ont été récoltés sous la vidéo du concert postée sur Youtube et Facebook. Et ces statistiques sont en constante augmentation. Ce qui n’est pas rien.

Une chose est sûre : le public togolais attend impatiemment la prochaine sortie du Chœur de l’Unité Togolaise. Et pas seulement pour une nouvelle édition du « 27 avril, s’il m’était chanté »

Peut-être entendrons-nous encore ce que les arrières grands-pères auront dit aux grands pères qui auront dit aux pères qui ensuite diront aux mères pour nous.

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Commentaires

Jean dogbe
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Félicitations cher aîné