Les Sénégalaises sont des magiciennes du voile

En ce 8 mars, journée internationale des femmes, mon hommage à toutes les femmes passent par celles du pays de la Téranga, le Sénégal.

Pouvoir se faire belle, être élégante et coquette constituent, à mon avis, des moyens d’émancipation pour une femme. La raison est simple : pour y arriver, il faut parfois briser des tabous et faire preuve de subtilité. Et c’est ce que j’aime, par-dessus tout, chez la femme sénégalaise. En toute circonstance, elle sait demeurer coquette, élégante, charmante et attirante. Même le port du voile n’est pas un problème pour elle car, avec ça, elle sait aussi se mettre à son avantage. Le voile, comme un vrai outil d’émancipation.

Voilées souriantes - Crédit photo (Image libre de droit) : www.pixabay.com

Voilées souriantes – Crédit photo (Image libre de droit) : www.pixabay.com

Quelques raisons du port du voile

Plusieurs raisons peuvent inciter la femme sénégalaise à porter le voile. Et souvent, la culture familiale ou la religion peuvent être la base. Certaines filles décident d’elles-mêmes de porter le voile et ceci sans aucune contrainte. Souvent parce que dans leur famille, c’est une habitude liée à la religion ou juste parce qu’à un moment donné, elles jugent utiles de s’habiller plus sérieux ou d’être conformes à la loi islamique. Au-delà, une femme peut décider de porter le voile après son mariage. Cette décision peut être sur imposition proposition de son mari. J’ai aussi observé que beaucoup de femmes adoptent le voile au retour de leur pèlerinage à la Mecque.

Il n’est pas superflu de préciser qu’il y a des voilées circonstancielles. Elles ne portent le voile que pendant le mois du Ramadan et les cérémonies religieuses. Le voile ou le foulard, on le voit aussi pendant les messes catholiques ou des cultes protestants. Là des jeunes filles et femmes chrétiennes se couvrent les cheveux avant de communier ou quand elles vont en séances de prières.

En résumé, je crois que le voile se met très souvent à la suite d’une réflexion ou d’une décision bien mûrie. Et qui implique la femme elle-même ou son entourage immédiat ou pas. Dans la plupart des cas, les porteuses de voile soutiennent qu’elles veulent rester décentes.
La décence étant relative comme la beauté, cela ne manque pas de susciter, parfois, des débats. Moi je m’en tiens à l’observation.

Le voile, oui, mais sans oublier le style et la coquetterie

La femme sénégalaise ne se néglige jamais même sous le voile. Si je laisse mon côté informaticien prendre le dessus, je puis dire que plusieurs paramètres sont ainsi configurés pour que l’interface soit ergonomique et conviviale.

  • La manière de nouer

Toute une panoplie de techniques existe pour nouer le foulard. Et ce n’est pas fortuit. Les techniques varient selon le lieu et les circonstances. Qu’on aille au bureau, à un mariage, à une cérémonie familiale, le style évolue en fonction. On peut nouer en cagoule, en évasé, en superposé ou autres. Des communautés sur les réseaux sociaux existent pour vous apprendre les manières de nouer.

  • La couleur

J’ai tout compris le jour où j’ai vu une technicienne de surface venir au travail avec un voile bleu bien assorti à son boubou en basin bleu et qu’une heure après, je la revois avec un voile rouge assorti à sa blouse de travail de la même couleur. J’ai failli croire qu’elle était un caméléon mais j’ai compris juste qu’elle avait tout prévu. Qui va se négliger ?
Les voilées d’ici travaillent donc à avoir toujours des voiles assortis à leurs vêtements, chaussures et sacs. Les couleurs tendances selon les saisons sont présentes : bleu turquoise, mauve, champagne, orange etc.

  • Le tissu et les motifs

Le tissu même du voile n’est jamais choisi au hasard. Vous pouvez en trouver en lin, en coton, en dentelles, en soie, en tissu doux ou moulant et que sais-je encore. Les motifs sont aussi importants. Ils peuvent être brodés, perlés ou imprimés et sont presque toujours très tendances. On en voit même en Vuitton, Chanel, en Pierre Cardin ou encore Yves Saint-Laurent voire Dolce & Gabbana. Que du grand art.

L’agencement avec le reste

La voilée peut se mettre en slim-fit, normal-fit ou large-fit sans jamais négliger les détails qui comptent. Le vêtement que la voilée sénégalaise porte est toujours en harmonie avec le voile. Dans la coupe, comme dans la couleur sans oublier les motifs ou la manière de nouer. Des agencements subtils et agréables. Même dans la sobriété, il faudra être aveugle pour ne pas voir que tout obéit à une logique chirurgicale.
De la robe longue aux tuniques en passant par les jupes longues, les vestes, les capes et les tuniques tout est bien choisi. Les noms importés de ces habits sont Chayma, Doha, Arwa, Hoda, Dalia, Baya ou Amina. Moi je leur donne des noms sénégalais à chaque fois que j’en vois. J’ai déjà créé les Sassoum, les Fatou, les Khoudjia, les Ngouda, les Bintou, les Mounass, les Mbaya, les Yacine, les Dibor, les Safi, les Bigué, les Codou et les Ndèye. Ces appellations sont en fait des prénoms féminins sénégalais.
Les chaussures et les sacs sont les outils complémentaires de tout l’arsenal. Tout est bien pensé et bien positionné. Et je ne saurai passer sous silence les lunettes et les bijoux.
Les femmes Sénégalaises sont aidées dans cette quasi modernisation du port du voile par les défilés de mode, les sites web et les réseaux sociaux qui font la propagande du style de la voilée chic.

Une de mes collègues me subjugue tous les jours par l’harmonisation qu’elle fait entre ses voiles et les broderies apposées sur sa robe. Du goût, elle en a et pour tous les jours. Je le lui ai même dit et mes collègues, femmes comme hommes, sont unanimes sur le sujet.

J’aurais bien voulu conclure par mes observations sur la démarche qui varie selon que ce soit un pantalon évasé ou moulant ou une robe allant comme un gant ou large mais je m’abstiens.

Ma conclusion est simpliste et réaliste : la femme sénégalaise est capable de transformer ce que d’autres considèrent comme une contrainte en un atout. Et c’est là où elle gagne la bataille de son émancipation.
Je dis tout simplement : « et Dieu créa les Sénégalaises ».

Salam chez vous et surtout bonne fête du 8 mars à toutes mes lectrices et aux hommes qui les aiment.

Par Roger Mawulolo [Facebook] [Twitter]

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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