Dire ou ne pas dire http://mawulolo.mondoblog.org Dire est un verbe d'action, ne pas dire est un verbe d'état... Wed, 13 Feb 2019 14:33:56 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.12 Les déclarations d’amour d’avant les réseaux sociaux http://mawulolo.mondoblog.org/2019/02/13/les-declarations-d-amour-d-avant-reseaux-sociaux/ http://mawulolo.mondoblog.org/2019/02/13/les-declarations-d-amour-d-avant-reseaux-sociaux/#comments Wed, 13 Feb 2019 10:03:09 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2241 Avant, il fallait une bonne dose de courage pour entamer les premières approches. Comme nous le disions, il fallait un courage indien et une détermination allemande pour enclencher les premiers feux. Oui, les feux de l’amour…

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De nos jours, déclarer son amour à une personne du sexe opposé est devenue une action banale. Grâce aux réseaux sociaux, l’approche est devenue vraiment trop facile. Mais ça, c’est maintenant. Avant les années 2000, ça n’était pas du tout aisé. D’ailleurs l’année dernière, à la même période, je vous parlais des rendez-vous galants d’avant les réseaux sociaux. Déclarer sa flamme était tout un art, qui mérite d’être traité avec respect, surtout en cette période de Saint-Valentin.

Ne voyez surtout pas ici les confessions d’un ancien mauvais garçon. Non ! Moi, je veux juste partager avec vous les résultats de mes observations.

Lettre d'amour - Image libre : www.pixabay.com

Lettre d’amour – Image libre : www.pixabay.com

De nos jours, il suffit d’envoyer à la personne convoitée une demande d’ami sur l’une des nombreuses applications disponibles sur les réseaux sociaux et d’attendre la réponse. On peut aussi piquer son numéro dans un groupe Whatsapp où il/elle se trouve. Et le tour est joué pour la suite.

Snapchat, Messenger, Instagram et que sais-je encore ont vite fait de prendre la place du courage dont un garçon ou une fille devait se doter pour déclarer sa flamme. Même LinkedIn, réputé être un réseau social professionnel, est utilisé par certains pour approcher celle ou celui qui fait battre leur cœur ou vibrer leur corps.

Avant, il fallait une bonne dose de courage pour entamer les premières approches. Comme nous le disions, il fallait un courage indien et une détermination allemande pour enclencher les premiers feux. Oui, les feux de l’amour…

Les moments dont je veux prétendre parler sont ceux d’avant le foisonnement même des chaînes privées de télévision et de radio. Ces chaînes qui ont précédé les réseaux sociaux en Afrique ont aussi beaucoup changé la donne de l’expression des sentiments. A ces moments, nous n’avions pour médias que les chaînes nationales de radio et de télévision. Les seuls téléphones disponibles étaient les fixes et ce n’était pas donné à tout le monde d’en avoir un.

D’abord, se former

Oui, il fallait se former à l’art de la drague. Il n’y avait pas d’école pour cela. Mais cela passait par les discussions avec les plus âgé(e)s. Pour nous les garçons, c’était un peu plus facile d’en discuter avec nos grands frères. Chacun donnait sa recette mais d’autres étaient dans le secret absolu. Selon moi, les meilleures conseillères étaient les filles plus âgées. Elles donnaient des astuces pour savoir aborder et servaient parfois d’intermédiaires.

Pour mieux comprendre les filles, nous nous cachions pour lire ce qu’elles lisaient pour y puiser l’inspiration. Il ne fallait pas qu’un vrai garçon soit vu avec cette lecture destinée aux filles 😀 . Les diverses séries (blanche, passion, azur…) de la collection « Harlequin » nous donnaient de bonnes pistes. Nous lisions aussi les romans-photos. Les collections « Nous-deux », « Intimité », « Lancio Lucky », « Charme », « Étoile d’amour » et autres faisaient notre bonheur. Les acteurs comme Marina Santi, Ornella Pacelli, Alberto Di Stefano, Simona Pelei, Adriano Celentano, Danilo Verde, Chris Olsen et Gordon Gray n’avaient plus de secrets pour nous. Même le style d’habillement pouvait être copié. Certains garçons tentaient d’appliquer à la lettre ce qu’ils y lisaient mais moi je préférais essayer d’africaniser les approches. Il faut préciser que les mères faisaient une guerre farouche à ce genre de lecture. Elles trouvaient que cela dépravait leurs filles.

Ceux qui voulaient « paraître plus homme » que les autres se cherchaient des méthodes à la « Malko », le personnage principal des livres de la collection « SAS » de Gérard de Villiers. Si vous voulez savoir ce qu’il fait pour aboutir aux croupes callipyges et aux bas-jarretelles, vous pouvez lire les livres en question.

Les lettres d’amour utilisées par les garçons

Il fallait d’abord trouver le papier, puis rédiger la lettre et la remettre à la destinataire.

Le type de papier à utiliser n’était pas facile à trouver même dans les librairies. Avec nos bourses peu fournies, nous options pour le papier A4 ou des feuilles de bloc-notes. Trouver un papier de couleur avec de jolis motifs n’était pas aisé. Les feuilles mobiles, quant à elles, nous semblaient trop ordinaires pour le but sacré qui était à atteindre. En désespoir de cause, nous nous contentions des feuilles de cahier. Mais nous prenions soin de bien les sortir du cahier pour éviter que les agrafes n’y laissent des trous béants.

Après, il fallait s’occuper du fond de la lettre. Les plus heureux étaient ceux qui avaient la rédaction facile. Il ne fallait surtout pas faire trop de fautes, surtout si celle qui est visée faisait partie des meilleures élèves de la classe. Un poème bien imaginé ou recopié d’un livre pouvait faire effet. Il fallait passer pour un gars original. La langue anglaise pouvait servir. Quelques paroles de « Nothing gonna change my love for you » de Glenn Medeiros pouvaient faire mouche (voir vidéo en fin de billet).

Après tout cela, il faut pouvoir faire parvenir la lettre. Si on a un ami de confiance assez courageux, on l’utilisait comme émissaire, ou encore une cousine ou une petite sœur. Sinon on pouvait s’arranger pour glisser la lettre dans le casier ou un des cahiers de la convoitée pendant la récréation. On peut aussi lui emprunter un livre et y glisser la lettre avant de le lui rendre.

C’était rare de voir une fille prendre les devants avec une lettre d’amour. Mais cela n’était pas impossible. Moi, j’ai joué de malchance en novembre 1992. Une fille m’a promis, elle-même et de vive voix, une lettre. C’était un vendredi. Mais le lundi suivant, il n’y avait pas de cours car ce qu’on appelle au Togo la grève générale illimitée a débuté et a duré plus d’un an. L’année scolaire fut blanche. Je partis au Ghana et ne revins à mon collège que 2 ans après.

Le cahier d’amitiés (d’amour) pour les filles

Souvent ce sont les filles qui en disposaient. Dans la plupart des cas, ils étaient remplis par leurs amies. Il s’agissait de donner, sur des pages d’un cahier, ses petits noms, ses citations favorites, ses couleurs préférées, ses vraies amies et autres. Le tout accompagné de petits dessins qui équivalent un peu les smileys d’aujourd’hui. On peut y ajouter des photos si on en a et aussi recopier un texte d’une chanson préférée. L’imagination et l’inspiration sont libres.

S’il arrivait qu’une fille vous sollicite, vous un garçon, pour remplir son cahier d’amitiés, cela indiquait qu’il y avait une petite étincelle. Si elle vous donne son cahier directement, cela pouvait indiquer une technique d’approche pour créer le lien. Et ça ce sont les plus courageuses qui le faisaient. Nous pouvions encore croire que c’était juste de l’amitié. Mais quand elle vous envoie son cahier d’amitié par une intermédiaire, là c’est sûr qu’il y a quelque chose. De toute façon, nous nous disions que de l’amitié à l’amour, il n’y a que quelques pas. Nous étions aux anges quand nous avions nos noms mentionnés dans le cahier d’une fille comme amis préférés.

Certains garçons disposaient quand même en cachette d’un cahier d’amitiés. Nous nous moquions d’eux lorsque nous le savions. Nous les traitions de « masculins faibles ». En lisant cela, ne vous dites surtout pas que les Africains sont éduqués pour être macho. C’était juste des conceptions d’adolescents en matière d’amour.

La parole et les gestes pour tout le monde

A part les supports que constituaient la lettre ou le cahier d’amitié, la parole était à l’usage de tous. Et là, il fallait avoir les bons mots pour surtout introduire. Une introduction ratée pouvait faire tomber à l’eau tous nos plans.

La bonne vieille technique était de prétendre reconnaître la personne quelque part. Elle est maintenant désuète pour certains mais reste toujours de mise. Il fallait juste dire « Heu… Mademoiselle j’ai l’impression de vous avoir déjà vue quelque part… » La suite dépendait alors de la réponse qu’elle vous servait.

Les filles étaient plus subtiles et n’attaquaient presque jamais de front. Elles avaient plutôt tendance à trouver un moyen indirect de familiarisation avec le garçon convoité. Même si elles pouvaient laisser percevoir leurs sentiments, elles s’arrangeaient toujours pour que ce soit les garçons qui introduisent véritablement la drague. Elles pouvaient aussi passer par ses amies pour faire savoir. C’était presque toujours indirect. Mais je ne dis pas qu’il n’y avait pas de courageuses. Certains pouvaient prendre le taureau par les cornes pour s’adresser directement à l’élu de leurs cœurs et déclarer leur amour.

Pour cet aspect, nous essayions de lire des documents pour connaître les gestes qui pouvaient montrer qu’une fille vous aimait ou du moins vous appréciait. La vie n’était pas facile.

Tout ce que j’ai dit peut paraître assez anodin, mais imaginez avec moi quel a été le sentiment d’un de mes camarades de classe lorsqu’une fille est allé le dénoncer à la surveillance générale de notre collège pour lui avoir écrit une lettre d’amour. Mieux, la dénonciation a, après, été portée à notre connaissance en plein cours avec une punition pour le garçon. A la récréation, tout le collège était au courant. C’était donc vraiment des affaires importantes.

Bonne fête de Saint-Valentin à vous qui n’avez plus besoin de tous ces subterfuges pour vous trouver un(e) amoureux(se).

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

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Vous avez dit bars ? http://mawulolo.mondoblog.org/2019/02/06/vous-avez-dit-bars/ http://mawulolo.mondoblog.org/2019/02/06/vous-avez-dit-bars/#comments Wed, 06 Feb 2019 13:15:15 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2223 Dans ce pays où il fait vraiment froid, il m’était indispensable de me trouver un bon petit coin pour me réchauffer de manière éthylique. Et sur les panneaux indicatifs, je ne cherchai qu’un mot : « bar ». Lorsqu’enfin à la Gare du Nord, je vis ce mot de loin sur un panneau, je me dis intérieurement et sans lire la suite, « Alhamdoulilah ». Mais que ne fut ma surprise lorsque je me retrouvai en face de l’entrée.

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Dans ce pays où il fait vraiment froid, il m’était indispensable de me trouver un bon petit coin pour me réchauffer de manière éthylique. Et sur les panneaux indicatifs, je ne cherchai qu’un mot : « bar ». Lorsqu’enfin à la Gare du Nord, je vis ce mot de loin sur un panneau, je me dis intérieurement et sans lire la suite, « Alhamdoulilah » (expression courante, au Sénégal, pour exprimer une satisfaction ou un soulagement). Mais que ne fut ma surprise lorsque je me retrouvai en face de l’entrée. Il était écrit « Beauty Bar ». C’était moins le nom qui m’avait surpris que le reste des inscriptions. Dans mon pays, le Togo, « Beauty Bar » est un nom convenable pour un vrai bar. Mais ici, on traitait toute autre chose que les envies éthyliques. Une vraie usurpation d’identité. Bienvenue à Paris.

La façade du bar à ongles et cils de la Gare du Nord (Paris) - Photo : Roger Mawulolo

La façade du bar à ongles et cils de la Gare du Nord (Paris) – Photo : Roger Mawulolo

D’habitude quand vous entendez le mot « bar », trois significations vous viennent normalement à l’esprit. Soit le poisson, soit l’unité de mesure de la pression atmosphérique. Mais le plus souvent, on pense à un « débit de boissons ». Au Cameroun, le pays où la bière demeure le liquide le plus précieux, des bars sont même nommés « Facebook » ou « Whatsapp » car ils sont de véritables réseaux sociaux.

Après mon aventure de la Gare du Nord à Paris, j’ai fait des recherches et découvert tout un lot de bars. Des bars de types nouveaux.

Depuis quelques années au Japon, à Taiwan, en Europe, aux Etats-Unis mais aussi en Afrique, on voit de nouveaux types de bars. On pourrait y trouver de la boisson mais elle n’y est plus le sujet principal d’activité. Je vous parle de 7 types qui ont retenu mon attention, entre autres.

Les bars à ongles

Vous avez besoin de vous faire faire rapidement les ongles, vous pouvez vous rendre dans un bar à ongles. Vous pourriez y trouver un long comptoir comme dans un vrai bar et là les stylistes ongulaires s’occupent de vous ou plutôt de vos ongles. De la pédicure et de la manucure en passant par la pose d’ongles artificiels, vous avez tous les soins classiques du domaine. Même la pose de vernis fait partie des activités de ce bar.

En plus de tous ces services, certains bars à ongles sont aussi des instituts de formation de professionnels en stylisme ongulaire. Ah oui, il faut mettre les grands concepts sur les métiers. Comme on dit en Nouchi, « qui va se négliger ? ». Pour des défilés de mode, vous pouvez même avoir recours à leurs services de consultant.

Les bars à ongles peuvent être couplés avec un bar à boissons.

Les bars à sourcils

Quand vous aurez fini de vous faire les ongles, les mains et les pieds et que vous penserez à vous arranger les cils et les sourcils, ne vous inquiétez pas. Les bars existent aussi pour cela.

Souvent ces bars se définissent comme des paradis du regard. Leur mission est de mettre en valeur vos sourcils et cils. Vous aurez tellement un nouveau regard que des regards nouveaux vous remarqueront dès que vous en sortirez. Ils proposent des épilations, la pigmentation et autres traitements à vos sourcils.

Les divers traitements proposés sont définis comme des menus et les noms varient selon les inspirations des tenanciers du bar où vous êtes. Pour se donner un nom en phase avec le temps, ils se font appeler les stylistes du regard.

Les bars à sourire

Vous n’avez encore rien vu si vous croyez que les ongles et les sourcils seuls ont leur bar. Bienvenue au bar à sourire.

Ici, des traitements de blanchiment des dents sont proposés avec des produits chimiques évidemment. Si on vous dit que le traitement est bio, n’en croyez rien jusqu’à preuve du contraire (si contraire il y a). Si vous avez les moyens de vérifier les qualifications du personnel chargé du blanchiment de vos dents, je vous prie de les utiliser pour vous rassurer. Sinon sachez que toutes les dents de la terre ne sont pas forcément blanches.

Les propriétaires des bars à sourire ont souvent maille à partir avec les dentistes. Ces derniers leur reprochent leur manque de maîtrise des dosages et concentrations de produits à utiliser. Et de mon avis, ce n’est pas juste parce que les chirurgiens-dentistes craignent cette concurrence. Même s’ils la jugent déloyale.

Les bars à lèvres

De jolis sourcils oui… De jolies dents bien blanches oui… mais cela seulement ne suffit pas pour accrocher tout le monde. Il vous manque certainement les jolies lèvres pour accompagner tout ça. Vous avez alors les bars à lèvres.

Ces bars proposent divers traitements pour que vos lèvres ne soient plus comme avant. Vous les voulez plus larges ou plus minces, un tatouage avec effet 3D peut vous être fait. Vous voilà avec de nouveaux contours dessinés pour vos lèvres. Les jugez-vous trop ténues ? L’on peut leur donner du volume avec le plump (repulpeur de lèvres). Vous n’aurez plus rien à envier à Angelina Jolie.

Les bars à chats

Vous sentez-vous stressé(e) après une âpre journée ? Aimez-vous les chats ?

La solution est la « ronronthérapie » dans un bar à chats. Il s’agit de siroter un jus, un mojito ou toute autre boisson dans un local rempli de chats. Vous pouvez les porter, les caresser ou tout simplement les admirer du regard. C’est selon votre goût. Né au Japon et à Taiwan sous le nom de « neko café », le concept s’est vite exporté en Europe et aux Etats-Unis.

Les chats sont bien stérilisés et vaccinés et les clients sont aussi tenus d’observer une stricte hygiène. Ces félins sont souvent issus de refuges ou cédés par des propriétaires qui ne peuvent plus s’en occuper. Il existe même des hôtels à chats.

Ce que je vais dire peut sembler cruel aux défenseurs des animaux mais qu’ils me pardonnent. Ce genre de bars ne pourrait pas exister dans certains pays. Je vous assure qu’ils seront braqués ou cambriolés. Pas pour l’argent mais pour les chats qui seront emportés pour être revendus ou consommés. Oui, il y a beaucoup qui raffolent de la viande de chat et ne s’en privent pas.

Je peux aussi conclure cette partie en disant que Dakar, là où je vis, est un grand bar à chats à ciel ouvert.

Un chat sur le bar - Photo libre : flickr - https://www.flickr.com/photos/tvbrt/4656852349

Un chat sur le bar – Photo libre : flickr – https://www.flickr.com/photos/tvbrt/4656852349

Les bars à bulles

Si les chats ne vous conviennent pas pour la détente, vous avez les bars à bulles. Les buveurs penseront qu’il s’agit d’un bar à champagne. Que nenni.

Il s’agit de s’installer par terre et de s’entourer de boules ou encore de sauter et de s’allonger dans des boules de différentes couleurs. Avec des amis vous pouvez même vous en lancer pour vous détendre. A côté, vous aurez de quoi boire ou manger.

Bar à oxygène

Ce n’est pas loin du masque à oxygène que l’on met aux malades souffrant d’insuffisance respiratoire. Ici vous êtes en bonne santé mais faites le choix d’aller respirer de bonnes bouffées d’oxygène pur. Cela vaut peut-être le coup si l’on voit le niveau de pollution de l’air de nos villes. Votre oxygène peut être même agrémenté avec différentes senteurs provenant d’huiles essentielles qui sont souvent dites bio. Avec la légalisation de la cocaïne ou de la marijuana sous certains cieux, j’imagine aisément qu’on peut tout respirer. (Je dis ça, je dis rien, comme disent les jeunes 😀 )

Voilà, vous savez maintenant que les boissons n’ont plus l’apanage de définir à elles seules les bars. Bien d’autres concepts ont émergé et font fureur auprès des consommateurs. Il existe aussi des bars à fruits, des bars à chicha, des bar-tabacs et des bars à jeux mais eux je les ai trouvé trop ordinaires pour en parler.

On aura tout vu dans ce monde et je dirai même qu’on n’a encore rien vu. Dans tous les cas, quand vous voudrez désormais boire un coup, ne vous fiez plus seulement au mot « bar ».

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

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Emiliano Sala et les acteurs du football partis dans les cieux http://mawulolo.mondoblog.org/2019/02/01/emiliano-sala-acteurs-football-partis-dans-les-cieux/ http://mawulolo.mondoblog.org/2019/02/01/emiliano-sala-acteurs-football-partis-dans-les-cieux/#comments Fri, 01 Feb 2019 08:54:18 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2212 Quand le vol Air France AF 019 à bord duquel j’étais a pris son envol, j’ai pensé à Emiliano Sala et à tous les autres qui sont partis par les airs. Lorsque l’on dit qu’un footballeur s’élève dans les airs, [...]

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Quand le vol Air France AF 019 à bord duquel j’étais a pris son envol, j’ai pensé à Emiliano Sala et à tous les autres qui sont partis par les airs.
Lorsque l’on dit qu’un footballeur s’élève dans les airs, c’est généralement parce qu’il doit essayer un coup de tête. Mais ça c’est sur la pelouse. Dans les vrais airs, il y en a qui y sont allés et ils ne sont plus revenus. La dernière victime des airs, disons-le ainsi, est l’Argentin Emiliano Sala, le guerrier de la Beaujoire.

Abdul Majeed Waris célébrant un but du FN Nantes avec un tee-shirt à l'effigie de Sala / Photo AFP prise sur www.rfi.fr

Abdul Majeed Waris célébrant un but du FC Nantes avec un tee-shirt à l’effigie de Sala / Photo AFP prise sur www.rfi.fr

Pour nous les africains, la conception des décès par accident est assez particulière. Autrefois, et même encore aujourd’hui, ce genre de décès est considéré comme une malédiction, comme si cela n’était pas une mort honorable. Les victimes de cette mort accidentelle étaient toujours enterrées hors du village. Chez les Ewés (mon ethnie, que vous trouverez au Togo et au Ghana), on parle de zogbéku (décès à l’étranger ou décès sauvage ou encore décès tragique). Le pire, c’est lorsque l’on ne retrouve même pas la dépouille pour faire le deuil.

Emiliano Sala, un joueur que j’affectionne, est donc mort d’un « zogbéku ». Et bien avant lui, d’autres acteurs du football sont décédés dans les mêmes conditions : dans les airs ou dans les cieux même si les chutes ont été dans l’océan ou sur la terre ferme.

Ici, je vais vous parler des quatre cas que j’ai toujours en tête. Evidemment, il y en a eu d’autres…

Emiliano Sala, le disparu de la Manche, en 2019

De la joie à la tristesse doit avoir été le sentiment de la famille Sala, le 22 janvier 2019. Attaquant du FC Nantes, Emiliano Sala venait de réaliser son rêve de rejoindre la Premier League en signant un contrat avec Cardiff.

Après être venu dire au-revoir à ses désormais ex-coéquipiers, Emiliano Sala,  l’attaquant décrit comme peu esthète, n’arrivera donc jamais en Angleterre. L’avion qui l’y amenait n’arrivera jamais à destination. A ce jour, les dépouilles (de Sala et du pilote) n’ont pas été retrouvées. Seuls des débris de l’appareil ont échoués sur une plage en France.

Vichai Srivaddhanaprabha et son hélicoptère, en 2018

Cette fois-ci, ce n’est plus un avion et l’océan qui sont en cause mais un hélicoptère et la terre ferme. Le 27 octobre 2018, après un match du championnat anglais entre son équipe Leicester City et celle de West Ham, le Président Vichai Srivaddhanaprabha ne retrouvera plus la terre ferme. En tout cas pas vivant.

Son hélicoptère qui avait décollé de la pelouse du stade s’est écrasé quelques minutes après, sur le parking du stade. Aucun survivant au crash.

L’équipe brésilienne de Chapecoense dans les collines de Medellin, en 2016

En route pour la finale aller de la Copa SudAmericana (équivalent de la Ligue des champions de l’Amérique du Sud), l’avion de l’équipe brésilienne de Chopecoense a fait un crash dans les collines ,non loin de Medellin, en Colombie. Au total 71 morts et 6 survivants. C’était le 28 novembre 2016. Les enquêtes ont conclu à un crash dû à une panne sèche. Manque de carburant dans un avion alors que l’on n’est pas sur terre. Une très grande bêtise qui a coûté la vie à de nombreux joueurs.

La Zambie au large de Libreville, en 1993

L’équipe nationale de football de la Zambie a arboré plusieurs appellations au cours de son histoire, cette équipe est un véritable phœnix. A un moment dénommée les « Kenneth Kaunda Eleven »(les onze Kenneth Kaunda*), l’équipe est ensuite devenue « Mighty Zambia » avant d’être « les Chipolopolo », le nom qu’on leur connait de nos jours.

Le 27 avril 1993, l’avion qui les amenait vers le Sénégal (pour jouer un match éliminatoire de la Coupe du Monde 1994) a échoué au large de Libreville (Gabon). A l’époque, mes amis et moi même, amoureux du football avions été très tristes mais nous étions un peu soulagés de savoir que notre joueur préféré, Kalusha Bwalya, avait été retardé par un match à livrer par son club d’alors, en Belgique. Il était donc le miraculé.  Et figurez vous qu’en 2012, cette équipe est revenue au Gabon et cette fois-ci, elle y a remporté la Coupe d’Afrique des Nations. Le pays au large duquel le crash avait décimé l’équipe en 1993 est devenue la terre de leur succès continental. Bizarre non?

Nous, Africains, avions dit que les esprits des disparus zambiens de l’océan étaient présents pour aider l’équipe à gagner.

Pour finir…

La mort trouble toujours, même quand on s’y attend. Alors quand cela survient lorsqu’on s’y attend le moins, le choc est encore plus dur à encaisser. Pour Sala surtout, je me demande -et certainement vous aussi – comment peut-on mourir en étant aussi près de s’enrichir un peu plus, de réaliser son rêve et en étant si jeune et en bonne santé. Mais ça, nous ne le saurons jamais. Et c’est peut-être cela qui fait le charme de notre vie : la partie que nous ne maîtrisons pas, malgré tous les progrès de la science…

Certainement une occasion pour nous de savoir que les hommes et femmes que nous sommes, ne maîtriserons jamais tout de notre vie, et encore moins de notre mort. Nous pouvons envisager et préparer l’avenir, c’est sûr, mais il restera toujours cette inconnue de l’équation qui nous échappera toujours.

Je comprends dès lors l’expression qui dit qu’il faut vivre comme si on allait mourir demain.

Par Roger Mawulolo [facebook] [twitter]

* Kenneth Kaunda était le Président de la Zambie à l’époque, et l’équipe avait son nom !

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Dakar : la vie autour du centre de dépôt des demandes de visas Schengen http://mawulolo.mondoblog.org/2019/01/14/dakar-la-vie-autour-du-centre-de-depot-des-demandes-de-visas-schengen/ http://mawulolo.mondoblog.org/2019/01/14/dakar-la-vie-autour-du-centre-de-depot-des-demandes-de-visas-schengen/#respond Mon, 14 Jan 2019 08:34:25 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2188 La gestion des dépôts de demandes de visas Schengen est une affaire lucrative. Et pas seulement pour ceux qu’on imagine le plus facilement. Un petit tour au centre de dépôt de visas de Dakar sis à Ouakam, un des quartiers [...]

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La gestion des dépôts de demandes de visas Schengen est une affaire lucrative. Et pas seulement pour ceux qu’on imagine le plus facilement. Un petit tour au centre de dépôt de visas de Dakar sis à Ouakam, un des quartiers de la ville, permet de s’en rendre compte. Autour des lieux s’est développé un véritable pôle économique et social avec des acteurs aussi divers qu’insoupçonnés.

Image d'une partie de passeport montrant un visa schengen - Photo et retouche : Roger Mawulolo

Visa Schengen et cachets d’aéroports dans un passeport – Photo et retouche : Roger Mawulolo

Au Sénégal, la gestion des dépôts de demandes de visas pour la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et certains autres pays européens ne se fait plus directement dans les consulats. Ce pan du processus est externalisé et confié à la société dénommée « VFS Global ». Cette dernière se charge de la collecte des divers dossiers ainsi que des éléments biométriques des demandeurs. Après tout cela, elle envoie les données recueillies vers les consulats qui gardent toutes leurs prérogatives pour refuser ou accorder les visas.

A Dakar, ce centre se situe actuellement à Ouakam. Une visite sur les lieux permet de constater que l’endroit est devenu un véritable pôle économique et social. La vie de tous les jours autour de ce centre est rythmée par des parties prenantes diverses et parfois insoupçonnées.

Les courtiers

Avec le développement des technologies, une grande partie du processus précédant le dépôt physique des dossiers de visa se fait en ligne par internet. Ceux qui sont à l’aise avec les outils numériques font donc leurs saisies et prise de rendez-vous en ligne par leurs propres soins. Par contre, les illettrés ainsi que les personnes peu habituées se font aider par d’autres. Des courtiers se sont donc spécialisés dans cette aide aux demandeurs de visa.

Ils sont présents aux abords du centre dès les premières heures et ont mis en place un véritable dispositif permettant de détecter les personnes hésitantes. Après cette détection et une approche suivie de discussion, ils vous proposent leurs services. Cela va de la saisie des informations sur le site internet de France-Visas jusqu’à la prise de rendez-vous sur celui de VFS. Certains demandeurs font tout le processus en ligne et omettent d’imprimer les documents sanctionnant cette saisie. Ils sont alors renvoyés à l’équipe de réception pour complément de documents. Ceci fait l’affaire des courtiers qui les récupèrent pour les aider à finaliser l’opération d’impression. Les plus naïfs refont tout le processus de saisie.

Les courtiers se font rémunérer à des taux qui varient selon la naïveté du « client ». Les illettrés et analphabètes font souvent partie de leurs clients. On dispose même des courtiers de courtiers. Les tarifs évoluent donc proportionnellement au degré d’intermédiation.

Les vendeurs de café et de nourriture

Comme dans tous les lieux où il y a du monde, à Dakar, les alentours du centre de dépôt de visa ont leurs vendeurs de nourriture et de café. Des tangana à l’air libre. Je n’y suis pas resté jusqu’à l’heure du déjeuner pour savoir s’il y a du tiep.

Pour la nourriture, l’inévitable vendeur de pain avec omelette et petits pois est bien sûr présent. Les sandwichs au Sénégal contiennent toujours des frites et aucun ne déroge à la règle. Le ketchup et la moutarde sont au choix.

Pour le café, j’ai remarqué deux vendeurs. L’un fait son café à base de Nescafé et pour l’autre il s’agit du café Touba. Les prix variant de 50 à 100 francs CFA.

Ce qui est frappant, c’est que ces vendeurs peuvent rapidement se muer en intermédiaires entre vous et les courtiers dès que vous osez exposer un problème lié à la démarche d’obtention du visa.

Bien qu’eux-mêmes n’aient jamais entrepris la démarche, ils parlent de toutes les étapes à suivre

avec une certitude qui vous déconcerte.

Demandeurs de visa devant le centre de dépôt de Dakar - Photo et retouches : Roger Mawulolo

Demandeurs de visa devant le centre de dépôt de Dakar – Photo et retouches : Roger Mawulolo

Le kiosque multitâches

Le centre de réception des demandes de visa dispose lui-même d’une agence de voyage pouvant vous délivrer des attestations de réservation de billets d’avion ou de chambres d’hôtels et aussi des assurances-voyages. Vous pouvez aussi y avoir des photocopies et des photos d’identité. A l’extérieur du centre, un petit kiosque offre les mêmes services. Du traitement, en passant par les photocopies et les photos, sans oublier les réservations ainsi que la prise de rendez-vous ou le remplissage du formulaire de demande de visa, tout y est disponible. Ils vous le font en conformité avec les critères exigés par le Consulat de France.

Lorsque le dossier d’un candidat au visa est incomplet, cela fait le bonheur du propriétaire du kiosque. Il procure au candidat tous les documents manquants à des tarifs bien fixes. Mais entre le portail du centre de dépôt et le kiosque, le candidat peu avisé peut se retrouver dans les mains des courtiers. Eux mettront donc leur marge en sus du tarif du kiosque.

Les laveurs de voiture et gardiens de parking

Ils sont inévitables à Dakar. Tous les parkings publics, voire certains parkings privés, sont devenus leurs lieux de travail. Ils s’approprient même les espaces libres et les transforment en parkings payants. Le centre de dépôt des demandes de visas n’échappe pas à la règle. Ainsi, ils fixent des tarifs pour le stationnement ainsi que pour laver les véhicules des personnes qui y viennent. Ces laveurs et gardiens de parking peuvent, eux aussi, tout vous dire sur les démarches de visa avec des anecdotes invraisemblables.

Celui qui m’a le plus épaté est un homme assez âgé. Selon l’idée qu’il se fait de vous, il change de « titre ». Il a quatre casquettes : laveur de voitures, gardien de parking, courtier mais aussi mendiant.

Si vous arrivez en voiture, il vous fait de grands gestes pour vous indiquer où vous garer et prend soin de vous préciser le tarif, avec ou sans lavage. S’il vous voit assez sûr de vous, de par vos gestes et regards, il n’ajoute rien. Mais s’il vous voit hésitant ou lançant des regards interrogateurs, il vous demande si vous voulez déposer une demande de visa. Et votre réponse guidera la suite de vos discussions. Si au finish, il n’obtient pas d’argent par ses propositions de services, il se mue en mendiant et vous demandes de l’aider à se nourrir ou à s’acheter des médicaments. Il peut même vous montrer des ordonnances prescrites pour lui-même ou des membres de sa famille. Evidemment ces ordonnances sont factices.

Je ne peux finir sans oublier de préciser que les proximités du centre sont devenus de vrais arrêts de bus. Un lieu de stationnement privilégié pour les taxis, « car rapides » et autres « clandos » (taxis clandestins, roulant sans autorisation d’exercer dans le transport) ou « Ndiaga Ndiaye » en quête de clients.

Au total, les demandes de visas Schengen n’enrichissent pas que les consulats et leurs prestataires. Au Sénégal, nous savons toujours tirer parti, surtout financièrement, de toutes les situations qui s’offrent à nous.

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

 

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Chocotogo, le chocolat togolais http://mawulolo.mondoblog.org/2018/12/28/chocotogo-chocolat-togolais/ http://mawulolo.mondoblog.org/2018/12/28/chocotogo-chocolat-togolais/#respond Fri, 28 Dec 2018 17:02:15 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2178 Désormais le Togo a son chocolat. Fabriqué par de jeunes entrepreneurs togolais, il s'appelle Chocotogo. Un chocolat naturel et sans additif chimique.

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Par le biais des réseaux sociaux, j’ai découvert que mon pays le Togo produit du chocolat. Je devrais plutôt dire que des jeunes togolais produisent du chocolat au Togo. J’ai donc patienté d’avoir l’occasion de les acheter et goûter, lors d’un voyage au pays. Je ne fus pas déçu et je me suis dit qu’il fallait que je me renseigne sur les producteurs et que j’en parle. Ce chocolat produit au Togo s’appelle « Chocotogo » et est produit par une jeune entreprise éponyme.

Ne vous inquiétez pas car ils ne m’ont pas payé pour ce billet.

Les chocolats Chocotogo - Photo : Roger Mawulolo

Les chocolats Chocotogo – Photo : Roger Mawulolo

Pour produire du chocolat, il faut bien évidemment du cacao. Et le Togo en produit depuis les années d’avant son indépendance en 1960. Pourtant, il a fallu attendre 2014 pour voir des jeunes entrepreneurs se lancer réellement dans la production du chocolat au Togo.

Le cacao est principalement cultivé dans la zone de Kpalimé, une ville située à 120 kilomètres au Nord-Ouest de Lomé. C’est une région aux terres très fertiles. Quand les oiseaux y mangent des fruits et en font tomber les grains au sol, les arbres fruitiers repoussent tous seuls. La région des Plateaux où se situe la ville de Kpalimé est tout aussi fertile.

Le cacao faisait partie des produits d’exportation qui enrichissaient le pays. Une société d’Etat existait même pour s’occuper spécialement de la filière. Elle s’appelait la SRCC (Société pour la Rénovation de la Caféière et de la Cacaoyères togolaises). En plus d’elle, il y avait l’OPAT (Office des Produits Agricoles du Togo) qui était chargé de la commercialisation. C’était au temps de la révolution verte où l’agriculture était déclarée prioritaire. Ces deux sociétés d’Etat n’existent plus, de nos jours, et pour cause. Mais cela n’est pas le sujet.

Revenons donc au chocolat togolais « Chocotogo »

L’histoire de Chocotogo

Choco Togo a lancé ses activités en mars 2014. Mais tout a commencé un an plus tôt. A l’issue d’un projet de formation de jeunes en entrepreneuriat agricole dénommé FYSIC (Fair Young Sustainable and Inclusive Cooperative), 6 jeunes togolais et un encadreur ont été sélectionnés pour une formation pratique en Italie (à Modica en Sicile). Sur place, ils ont été rejoints par 18 autres jeunes venus de la Côte d’Ivoire, de la République Tchèque et du pays hôte. Le projet était financé par l’Union européenne.

A Modica, les jeunes ont reçu une formation pratique en fabrication traditionnelle du chocolat, en tourisme responsable, en commerce équitable et en  e-commerce.

Durant leur formation, les jeunes ont bien compris que c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Aussi ont-ils entrepris à leur retour, de se lancer dans des recherches et expériences pour trouver, concevoir et mettre en œuvre la meilleure technique de fabrication du chocolat et surtout celle qui sera adaptée à leur contexte. Pour mieux appréhender toute la chaîne de fabrication, ils ont aussi effectué des séjours d’études et réalisé un documentaire dans les fermes villageoises de cacao.

Etiquette du chocolat chocotogo - Photo : Roger Mawulolo

Etiquette du chocolat chocotogo – Photo : Roger Mawulolo

La fabrication de « chocotogo »

Du choix des fèves jusqu’à l’obtention du chocolat, un processus artisanal a été mis en place,  préservant ainsi toutes les vertus naturelles du cacao. Ce qui n’est pas le cas, des gros producteurs mondiaux qui utilisent des additifs, des huiles et des arômes chimiques. Ici l’arôme naturel du chocolat est garanti et préservé.

Les fèves de cacao utilisées par Chocotogo sont certifiées biologiques et équitables.

La pâte de cacao, le sucre roux et des ingrédients locaux tels que l’arachide, le gingembre, la noix de coco utilisés confèrent au chocolat « Chocotogo » toute son originalité en terme de goût et de saveur.

Plusieurs gammes de Chocotogo (avec divers poids) existent :

  • chocolats « nature » (à 85%, 70%, 60% et 50% de cacao)
  • chocolats noirs (à l’arachide, au gingembre et à la noix de coco avec une teneur de 55% en cacao)
  • Des pâtes de cacao
  • Des fèves de cacao torréfiées
  • De la pâte à tartiner AZINTO

Des coffrets cadeau personnalisés de chocolats peuvent aussi vous être conçus et livrés par Chocotogo.

Les retombées pour la région

La proximité de l’unité de fabrication avec les zones de culture du cacao permet une grande réduction des coûts notamment de transport. Ce qui permet à la jeune entreprise de mieux rémunérer les planteurs qui l’approvisionnent.

Chocotogo crée de l’emploi dans les zones d’où il tire sa matière première, le cacao. Le traitement et le décorticage des fèves sont confiés aux femmes de la zone. Le taux de chômage s’en trouve réduit. Ce qui constitue un facteur de création de richesse ainsi que d’amélioration des conditions de vie des familles. Ce qui n’est pas rien dans ces zones rurales qui sont souvent pauvres et délaissées par les programmes étatiques.

Aujourd’hui, Chocotogo emploie une cinquantaine de femmes à Kpalimé où se trouve son siège et 12 jeunes à Lomé sur son second site de production.

Toutes ces actions et efforts ont valu à Chocotogo d’être récompensé par plusieurs prix : le 2éme prix d’innovation du Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (SIALO), le  1er prix d’innovation des jeunes entrepreneurs agroalimentaire de Terra Madre (SLOW FOOD) en Italie et le 1er prix du meilleur projet entrepreneurial du Forum des jeunes entrepreneurs au Togo en 2015 et le 2ème prix de la catégorie Agriculture-Agribusiness du Concours « Francophonie 35<35 » en 2016.

Vous savez donc ce qui vous reste à faire si vous voulez manger du chocolat togolais.

J’espère, pour les jeunes entrepreneurs de Chocotogo, qu’ils auront de l’appui de l’Etat togolais ou d’autres structures. Avec cela, peut-être qu’ils vont conquérir le monde et que pendant les fêtes de fin d’année, ils concurrenceront Lindt, Ferrero et compagnie.

Il est permis de rêver, n’est-ce pas ? En tout cas, c’est mon rêve pour eux.

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

 

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Sénégal : escapade sur la lagune de la Somone http://mawulolo.mondoblog.org/2018/12/13/senegal-escapade-lagune-de-somone/ http://mawulolo.mondoblog.org/2018/12/13/senegal-escapade-lagune-de-somone/#respond Thu, 13 Dec 2018 08:45:59 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2164 Au Sénégal, il n’y a pas que de jolies femmes, ni seulement l’Île de Gorée, la réserve de Bandia ou le parc de Djoudj, il y a aussi la lagune de la Somone. Une promenade imprévue sur ce plan d’eau [...]

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Au Sénégal, il n’y a pas que de jolies femmes, ni seulement l’Île de Gorée, la réserve de Bandia ou le parc de Djoudj, il y a aussi la lagune de la Somone. Une promenade imprévue sur ce plan d’eau connecté à l’océan m’en a fait découvrir la beauté et la splendeur. Montez avec moi dans le gualgui (pirogue en wolof) et faisons un petit tour…

Des oiseaux sur la lagune de la Somone - Photo : Roger Mawulolo

Des oiseaux sur la lagune de la Somone – Photo : Roger Mawulolo

Par un dimanche ensoleillé, avec quelques amis, nous sommes montés dans la pirogue pilotée par Alimou Ba, un jeune guide de la Somone. Je ne savais pas encore ce que j’allais découvrir, j’avais donc beaucoup hésité… J’avoue qu’au retour, je n’ai pas du tout regretté d’avoir fait ce circuit !

Je voudrais vous offrir ici le récit de cette escapade lagunaire :

Lagune et océan

Avant d’aborder la lagune, deux choses sont à remarquer : la petite cabane verte indiquant que la zone est protégée, mais aussi et surtout l’embouchure.

La cabane verte sur pilotis est occupée par des agents de la brigade des eaux et forêts et aussi un représentant de la mairie de Sindia, la municipalité dont dépend la Somone. La traversée coûte 6500 francs CFA et 2000 francs sont reversés aux structures administratives citées. Une gestion participative qui est effective entre les parties prenantes. Cette inscription blanche sur l’une des façades de la cabane veut tout dire : « Réserve naturelle d’intérêt communautaire de la Somone ».

L’embouchure, quant à elle, est large de quelques mètres et connecte la lagune à l’Océan Atlantique. D’un côté, vous verrez l’hôtel Royal Baobab et de l’autre, de modestes restaurants. Chaque restaurant dispose d’une barque permettant d’y amener des clients. Cette dernière porte toujours le nom du restaurant-propriétaire.

Les oiseaux de la Somone

A chaque fois que notre barque s’approchait d’une zone où il y avait des oiseaux, notre guide ralentissait son moteur pour diminuer le niveau sonore. Nous pensions que c’était le moteur qui avait des problèmes techniques. Que nenni ! Il s’agissait en fait d’une manœuvre pour ne pas déranger les oiseaux ou les faire fuir. Sur la lagune de la Somone, humains et oiseaux se respectent.

Nous avons donc pu admirer diverses espèces d’oiseaux : des milans noirs, des aigrettes, des goélands, des hérons cendrés, des martins pêcheurs et des mouettes. Ils se trouvaient sur l’eau, les bancs de sable ou juchés sur des palétuviers. Et, évidemment, dans les airs.

Palétuviers, mangrove et parc à huîtres
Somone : le parc à huîtres - Photo : Roger Mawulolo

Lagune de la Somone : la culture des huîtres – Photo : Roger Mawulolo

La lagune de la Somone est un écosystème où les palétuviers ont une fonction vitale : en plus de protéger le littoral, les palétuviers sont l’abri d’une faune diversifiée dont font partie les oiseaux. Les palétuviers sont les espèces essentielles de la mangrove de la Somone.

Sur les racines des palétuviers, vivent aussi les huîtres. Ceci a généré une activité génératrice de revenus pour les femmes de la région. Elles viennent des villages environnants pour récolter les huîtres. Elles ravitaillent les restaurants et les hôtels de la Somone. Sur place, dans ce qui est appelé le parc à huîtres, la consommation est possible. La culture des huîtres sort aujourd’hui des racines des palétuviers, tout un mécanisme est mis en place et visible sur l’eau. C’était la deuxième fois que je voyais une culture d’huîtres après celle de la lagune de Thau (près de Sète, dans le sud de la France).

Le baobab sacré de la Somone
Somone : le baobab sacré - Photo : Roger Mawulolo

Somone : le baobab sacré – Photo : Roger Mawulolo

Lorsqu’on vous en parle, vous imaginez certainement autre chose. A sa vue, vous sourirez forcément. Les guides ne vous diront jamais grand-chose sur le baobab sacré avant que vous ne le voyiez. Alors dans votre imagination naissent plusieurs vues. Le sacré étant toujours majestueux.

Le baobab sacré est en fait un baobab nain qui ne fait pas plus d’un mètre soixante. Il a résisté au temps et on lui prête plus de 200 ans de vie. Il est considéré comme sacré car, dans le temps, les villageois venaient y faire des sacrifices pour la paix, les bonnes récoltes et la réalisation de leurs vœux les plus chers. Aussi y sacrifiaient-ils des poulets, moutons et autres. De nos jours, les visiteurs se contentent d’y poser des coquillages sur lesquels ils prononcent leurs vœux. Tout comme le pont sur lequel les amoureux accrochaient des cadenas.

La lagune de la Somone, c’est aussi…

D’autres attractions existent aussi autour de la lagune.

Le TPV (Train à Petite Vitesse) est le surnom donné aux calèches qui servent à faire des promenades autour de la lagune. Vous avez aussi un chantier naval tenu par un Français du nom de Richard. Il fabrique et répare la majorité des bateaux utilisés sur la lagune. Le nom officiel de la compagnie est « Arcandia ». Pour les restaurants, le plus célèbre semble être « Chez Rasta ». Le propriétaire a placé des drapeaux de divers pays sur les toits de ses paillotes. J’ai eu le plaisir de remarquer celui du Togo, mon pays. Ce restaurant est répertorié dans le guide du routard. Vous verrez aussi de jolies maisons construites au bord de l’eau par de riches habitants vivant le plus souvent à Dakar.

Lorsque vous séjournerez sur la petite côte au Sénégal, ne manquez pas d’aller faire un tour sur la lagune de la Somone. Vous ne le regretterez certainement pas.

A bientôt…

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

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La bière, le liquide le plus précieux au Cameroun http://mawulolo.mondoblog.org/2018/11/28/biere-liquide-plus-precieux-cameroun/ http://mawulolo.mondoblog.org/2018/11/28/biere-liquide-plus-precieux-cameroun/#comments Wed, 28 Nov 2018 14:25:35 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2151 Il faudra décerner à mes amis de Douala un trophée qu’on pourrait nommer "le gosier d’or". Ici les augmentations de prix ne dissuadent personne !

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Au Cameroun, vous pouvez couper l’eau du robinet pendant des jours et avoir la paix. Mais si vous interdisez la vente de la bière, juste pour un seul jour, c’est sûr qu’il y aura des émeutes. D’ailleurs, lorsque vous parcourez la plateforme Mondoblog, les billets parlant de la bière nous viennent souvent du Cameroun.

Une pinte de bière - Image libre de Martin Vorel (sur libreshot.com)

Une pinte de bière – Image libre de Martin Vorel (sur libreshot.com)

A Douala, les bars sont aussi nombreux que les églises de réveil, sinon plus. De jour comme de nuit, ils fonctionnent mais leur apogée a lieu surtout les nuits et les week-ends.

La nuit, les sièges et tables des bars débordent sur la chaussée jusqu’au petit matin. Pourtant, ils ont l’obligation de fermer à 22 heures. La police passe régulièrement mais ne les ferme pas. Même pour la bière, les « apacheurs » sont présents. A « Douala-bar », une rue du quartier Akwa jonchée de débits de boisson, la partie dénommée VIP n’est différente de la partie normale que parce qu’elle est à gauche de la chaussée et l’autre à droite. J’ai beau observer les deux parties, je n’ai pu conclure.

L’essentiel est que ça mousse

En Afrique de l’Ouest, les consommateurs de bière sont généralement exigeants sur sa température. Surtout si elle est à boire sur le champ. Les consommateurs ouest-africains préfèrent les bars qui garantissent les bières glacées. Au Cameroun, ce problème n’existe pas. Lorsque je fis remarquer à mon ami Camerounais que la bière que nous venions d’acheter n’était pas à la bonne température, il me répondit « wêêêê gars*, l’essentiel est que ça mousse. »

Au Cameroun donc seule la mousse compte et pas la température. Je comprends alors pourquoi dans ce seul pays, on peut dénombrer plus de dix variétés de bières. Et la consommation est à un niveau élevé.

Je ne vous dis pas comment j’ai souri et même ri lorsque j’ai vu un matin à 6 heures un homme avec une bouteille de Guinness à la main. Je me demandais si c’était sa manière de nettoyer ses dents au réveil.

Vous êtes servis sans verre

Si l’on ne vous prévient pas, vous pouvez rester devant votre bouteille de bière à attendre que la serveuse vous donne un verre. J’en ai fait l’expérience à « Douala-bar ». Tous mes amis avaient déjà commencé par prendre leur boisson à la trompette comme on dit. A un moment, ils ont cru que je voulais encore dire que la température de la bière n’était pas adéquate. Quand ils ont dit « Eh Mollah*, prend ta bière ; elle est quand même glacée », j’ai rétorqué que j’attendais un verre. Ils ont pouffé de rire et m’ont demandé ce qui n’allait pas. Ils m’informèrent alors que ce n’était pas systématique d’avoir un verre dans un bar à Douala pour boire la bière. Et il semble que c’est pareil aux Etats-Unis.

D’ailleurs quand j’ai insisté pour en avoir, le juron que la serveuse a poussé résonne toujours dans mes oreilles. Sacrées Camerounaises !

Les serveuses ont des badges

La passion du mondoblogueur Ecclésiaste Deudjui pour les badges n’est pas fortuite. Beaucoup de personnes dans les rues de Douala en portent et on dirait que chacun veut que les autres sachent où il travaille. Cela ne doit certainement pas plaire aux chômeurs. J’ai été surpris de voir que même les serveuses de bars ordinaires avaient des badges. Souvent dans les pays africains, seuls les serveurs et serveuses de restaurants huppés ont des badges. Et souvent ce ne sont pas les badges avec des cordons au cou mais plutôt épinglés sur la poitrine.

Là dans les bars, j’ai vu les serveuses avec des badges à cordon autour du cou. On ne peut pas ne pas remarquer leur mini, micro ou nano jupes et robes. Pour leur sourire, cela dépend de votre gentillesse mais à la base, leur ton peut vous paraitre agressif. Oui, au Cameroun tout le monde parle fort.

Les multiples rondes de la police

Lorsque vous êtes assis dans un bar populaire de Douala, vous remarquerez certainement qu’en l’espace de deux voire trois heures 3 à 4 voitures de police se seront arrêtées à tour de rôle à la porte.

A chaque fois que la voiture s’arrête, la serveuse ou le gérant du bar s’en approche discrètement et elle repart. Je ne sais pas exactement ce qui se passe lorsque le personnel du bar s’approche ainsi du véhicule de la police. Mais ce qui est sûr, la réglementation qui stipule que les bars ordinaires doivent fermer à 22 heures n’est jamais appliquée. Ce qui fait la joie des buveurs qui peuvent restés scotchés à leur siège et faire défiler plusieurs bouteilles de bière jusqu’au petit matin.

Certainement qu’il faudra décerner à mes amis de Douala un trophée qu’on pourrait nommer « le gosier d’or ». Oui, les quantités astronomiques de bières englouties l’expliquent. Même les augmentations de prix ne dissuadent personne, ni ne réduisent les quantités consommées.

Douala et le Cameroun, un vrai robinet à bière.

A bientôt…

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

* »wêêêê gars », « Eh Mollah » : interpellations usuelles au Cameroun ayant le même sens que « Eh l’ami »

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Douala et ses savoureux poissons braisés http://mawulolo.mondoblog.org/2018/11/06/douala-savoureux-poissons-braises/ http://mawulolo.mondoblog.org/2018/11/06/douala-savoureux-poissons-braises/#comments Tue, 06 Nov 2018 12:32:01 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2127 Le poisson braisé est la spécialité de Douala et du Cameroun. Les "apacheurs", les chargés de la braise et les vendeurs de mayonnaise s'occuperont de vous.

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On peut tout reprocher à Douala et au Cameroun, sauf la qualité de leurs poissons braisés. Lors de ma visite en 2016, j’ai été séduit. Et durant mon tout dernier séjour en 2018, j’ai été subjugué. Et je pèse mes mots. Manger du poisson braisé à Douala est toujours un moment de joie et délice. De vrais poissons braisés « androïd »* hein et pas « tchoronko »*.

Plat de poissons braisé à Douala - Crédit Photo : Roger Mawulolo

Plats de poissons braisés à Douala – Crédit Photo : Roger Mawulolo

A Douala, les meilleurs poissons braisés ne se trouvent pas dans les restaurants huppés ou dans les grands hôtels. Croyez-moi, si vous voulez profiter des vrais poissons braisés, rendez-vous sur les bords du fleuve Wouri dans les coins simples ou choisissez juste des endroits à ciel ouvert en bordure de route. C’est tellement bon que même l’odeur d’un bac Hysacam (société chargée du ramassage des ordures) ne pourrait vous perturber, ni encore les bruits de la circulation automobile et piétonne. Même les gyrophares des véhicules de police qui passent fréquemment ne peuvent vous distraire.

Les accompagnements habituels sont le miondô ou le bobolo (bâton de manioc cuit), les plantains frits ou les pommes de terres frites. N’oubliez surtout pas de manger avec la main. Oubliez les fourchettes et autres couteaux, le goût n’en est que meilleur.

Les lieux recommandés

Il y a trois types d’endroits pour avoir du bon poisson braisé : les chantiers, les bords de routes et les bords du Wouri, le fleuve qui traverse Douala.

Les chantiers sont l’appellation donnée aux restaurants qui sont installés dans la cour d’une maison d’habitation. Il s’agit souvent d’une grande cour de maison où sont disposées des chaises et des tables pour la consommation du poisson braisé. Dans un coin de la cour, un petit enclos est aménagé et dispose d’un matériel rustique de cuisson : un fourneau et un grillage. Je vous assure, la qualité du poisson braisé n’a rien à voir avec ce que vous pouvez penser de l’endroit. Si tu n’as pas goûté, tu ne peux pas comprendre. Les maters (appellation en camfranglais** des femmes d’un certain âge) qui tiennent souvent ce genre d’endroit ont tellement de clientèle qu’elles peuvent même se permettre de virer les clients jugés incorrects. J’en ai visité un à Akwa. Exquis et délicieux fut le poisson que j’ai mangé.

Les bords de routes que j’ai testés sont l’ancienne route de Bonabéri, la rue de la joie de Déido et Douala Bar à Akwa. Ce sont souvent des débits de boisson qui prêtent leurs sièges aux mangeurs de poissons braisés à condition qu’ils les arrosent avec de la bonne bière, le liquide le plus précieux au Cameroun.

Les incontournables « apacheurs »

Il est difficile de traiter directement avec ceux qui braisent le poisson. Dès que vous descendez de votre véhicule, il y a des démarcheurs qui vous abordent. Ils sont appelés « apacheurs ». Ils vous proposent le poisson braisé comme si c’était eux les vrais vendeurs. Le milieu est tellement réglementé que celui qui braise lui-même ne s’adressera jamais à vous sans passer par le démarcheur.

Les prix sont discutés avec les « apacheurs » et les poissons choisis en sa présence. Pour vous montrer qu’un poisson est frais, il soulève les opercules pour vous montrer les branchies bien rouges. Il suit la préparation et la livraison et à la fin vient lui-même récupérer le paiement. Vous ne saurez jamais le prix qu’il a négocié avec celui qui braise.

Il vous trouve une place assise et si l’accompagnement que vous voulez n’est pas disponible chez le vendeur de poisson, il vous le trouvera ailleurs.

L’apacheur a sa marge sur toutes ces transactions, ce qui fait que le prix est un peu haut.

Poisson braisé à Douala – Crédit Photo : Roger Mawulolo

Les chargés de la braise

Le poisson est souvent ou presque toujours braisé par des hommes. Même si l’affaire appartient à une femme, à la cuisine, ce sont les hommes qu’on voit. Je ne sais pas s’ils suivent une formation spéciale mais ce sont des experts en braise. Des capitaines aux bars en passant par les carpes sans oublier les gambas, les crevettes ou autres fruits de mer, la technique est rodée. La manière d’envoyer les condiments, les sauces ou l’huile sur le poisson au feu relève d’une dextérité sans faille. En les observant, j’ai compris que mes cours de sciences naturelles en terminale étaient tirées de la réalité, surtout la partie qui concernait le « chien de Pavlov ». Je me suis même demandé si le docteur Ivan Pétrovich Pavlov lui-même n’a pas vécu à Douala.

Chose étonnante au Cameroun, et qui mérite d’être soulignée, il n’existe pas encore de nom en Camfranglais pour les hommes chargés de braiser le poisson. Un bon sujet de recherche pour les linguistes du Cameroun.

Le vendeur de mayonnaise

Lorsque votre poisson vous est servi, un personnage insolite s’approche toujours de votre table. Il m’a fallu ma troisième sortie pour comprendre que c’était un vendeur de mayonnaise qui opérait à son propre compte. J’avais toujours cru que c’était le vendeur qui l’envoyait.

Il s’approche de votre table avec son bocal et une cuillère bien spéciale. Vous pouvez alors acheter votre cuillerée de mayonnaise au détail. La cuillère que le vendeur de mayonnaise utilise a été étalonnée par lui-même pour réduire l’unité de mesure de la mayonnaise. Lui aussi n’a pas encore d’appellation en Camfranglais.

Le Cameroun, champion de la braise

Souvent, je n’aime pas faire des compliments à mes amis Camerounais car ils prennent vite la grosse tête et commencent par vite crier « Impossible n’est pas camerounais ». Déjà qu’ils ne savent pas parler doucement. Mais pour le poisson braisé, je suis obligé de reconnaître que c’est leur domaine de prédilection. J’en ai goûté dans beaucoup de pays et j’avoue qu’en la matière, le Cameroun est en tête. Selon moi, en tout cas. Et comme le dit mon grand-père, même si on peut dire au lièvre qu’il a de trop longues oreilles, on doit au moins lui reconnaître qu’il court vite.

Chers amis Camerounais, si le président de la Confédération Africaine de football vient encore pour inspecter vos infrastructures pour la Coupe d’Afrique des Nations de football 2019, amenez le manger du poisson braisé à « Douala Bar » (Akwa) ou à la « rue de la joie » (Déido). Il sera tout de suite de votre côté. Mais bon, n’oubliez quand même pas d’accélérer les travaux pour pouvoir accueillir la CAN hein car là ça devient inquiétant. Sinon même un avocatier*** ne pourra vous sauver.

A très bientôt car je n’en ai pas encore fini avec le Cameroun…

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

* android / tchoronko : deux termes utilisés en opposition pour parler de ce qui est de très bonne ou de mauvaise qualité (ou encore moderne ou désuet).

** Camfranglais : langue cosmopolite parlée au Cameroun constituée d’un mélange de français, d’anglais et de langues locales.

*** avocatier : lors des dernières élections présidentielles, un candidat pour se défendre a mobilisé une pléthore d’avocats ; l’expression courante a ainsi utilisé le terme « avocatier » pour désigner le groupe d’avocats.

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Bienvenue à Douala http://mawulolo.mondoblog.org/2018/10/29/bienvenue-a-douala/ http://mawulolo.mondoblog.org/2018/10/29/bienvenue-a-douala/#comments Mon, 29 Oct 2018 18:17:12 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2103 J'ai fait miennes ces paroles que les Camerounais aiment répéter que "si on t’explique le Cameroun et que tu le comprends c’est sûrement qu’on te l’a mal expliqué." Mais moi, je comprends Douala et le Cameroun à ma façon aussi...

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Lorsque vous visitez Douala, vous avez le choix entre l’aimer ou la détester tellement les contrastes y sont forts. Moi j’ai décidé d’en aimer les bonnes parties et de ne pas forcément en détester les mauvais côtés. J’ai fait miennes ces paroles que les Camerounais aiment répéter : « si on t’explique le Cameroun et que tu le comprends c’est sûrement qu’on te l’a mal expliqué. » Mais moi, je comprends Douala et le Cameroun à ma façon aussi…

Douala - Scène de circulation : carrefour Tiff / Photo : Roger Mawulolo

Douala – Scène de circulation en fin de journée : carrefour Tiff / Photo : Roger Mawulolo

Capitale économique du Cameroun, Douala est une ville vivante. Sa vitesse de peuplement et son activité économique semblent dépasser les capacités des autorités municipales, ce qui est palpable sur les équipements d’urbanisation et d’assainissement de la ville. Les embouteillages sont monstres aux heures de pointe. Les nuits, dans les quartiers chauds, les sièges des débits de boissons débordent sur la chaussée. Les étals des vendeurs de poissons braisés aussi. Les trottoirs n’existent presque plus tellement les toits de tôles des kiosques des vendeurs sont avancés.

L’aéroport de Douala

Beaucoup de mondoblogueurs en ont déjà parlé, notamment Réné Jackson Nkowa, mais je ne puis m’empêcher d’y rajouter ce que j’y ai vu.

Les longs couloirs avec des poteaux, je dirai « couloirs aux mille poteaux », semblent lugubres surtout quand c’est vide. Et il y règne une chaleur d’enfer. Je ne sais pas si c’est parce que la climatisation était éteinte à mon arrivée ou à mon départ. Au moins les poteaux servent à faire de la publicité : à ma première visite c’était Coca-Cola et à ma dernière ce fut MTN. C’est le seul changement en deux ans.

Des pays africains que j’ai visités, le Cameroun fait partie des rares où le visa demeure, à ce jour, un rectangle de tampon rouge, et les informations sont inscrites au stylo. L’informatisation n’est pas encore passée par là. En plus, lorsque vous réglez les frais de visa, vous n’avez droit à aucun reçu de paiement. Je me demande comment le contrôle des fonds encaissés est fait. Il faut aussi subir l’humeur du fonctionnaire de police qui a votre passeport en main. Lorsque l’officier de police est une femme, vous allez regretter la douceur et la voix mielleuse des Sénégalaises. Les fonctionnaires de police sont dans le « sissia » (mot utilisé pour désigner l’art de l’intimidation). On dirait que personne ne sait parler doucement à Douala.

En somme, disons que l’aéroport est vraiment vétuste avec deux petits tapis qui servent à délivrer les bagages.

Toutes les sociétés qui posent des films plastiques sur les bagages dans cet aéroport continuent de le faire à la main. Pourtant, l’une d’elles a exposé une très jolie machine devant son stand. C’est en utilisant leur service que l’on se rend compte que la pose est manuelle et que la machine ne fonctionne pas.

Les dimanches matins, les alentours de l’aéroport sont assaillis par des groupes de sportifs qui font leurs exercices physiques sur les pelouses et la chaussée.

Les taxis et les bend-skins (moto-taxi)

Les conducteurs de ces deux types de transport de Douala sont pareils. Ils parlent fort, disent des mots crus et insultent à tout-va. En plus, ils conduisent mal. Aucun respect pour les signalisations routières. Que le feu de signalisation soit rouge, orange ou vert, la règle est « on passe ou on passe ». Ils préfèrent les klaxons aux freins. Ils foncent toujours et évitent les obstacles par de brusques coups de volant ou de guidon mais ne semblent jamais vouloir freiner. Lorsque l’obstacle est franchi et s’il s’agit d’un autre conducteur, il récoltera, à coup sûr, des injures salées que je n’ose répéter ici. Quand la voie empruntée est sujette à un embouteillage, ils prennent sans sourciller la voie opposée qui, pourtant, est en sens contraire. Même là, ils se permettent d’injurier quiconque les bloque alors qu’ils sont en infraction.

Ce qui m’a marqué chez un des chauffeurs de taxi, c’est qu’il a vraiment manqué de respect à une dame avec qui j’étais. Le tort de la dame est de ne pas lui avoir dit qu’il y avait des embouteillages sur le chemin. Il a ajouté à mon endroit « Vous, Monsieur je sais que ce n’est pas vous. Mais la dame a menti et ce sont les Camerounais qui font toujours ça. » Au moins devant moi un étranger, il aurait pu se retenir de mal parler de ses compatriotes.

Un conducteur de moto-taxi dans une rue de Douala - Photo : Roger Mawulolo

Un bend-skinneur à Douala – Photo : Roger Mawulolo

Chez les bend-skinneurs (conducteurs de moto-taxi), ce qui me faisait sourire c’était la toiture montée sur la moto pour se protéger du soleil et de la pluie. Il s’agit d’un parapluie dont la toile a été prolongée par un bout de bâche ou de plastique. Une autre partie couvre l’avant. Si vous êtes malchanceux, vous devriez rester en apnée durant tout votre trajet sur le bend-skin grâce à l’odeur de transpiration du conducteur. Comme les zémidjans, leurs homologues de Lomé et de Cotonou, ils sont aussi capables de prendre deux passagers sur leur moto, pourtant destinée à un.

Presque tous les noms de quartiers commencent par « Bona »

Pour rire, je dirais tous les quartiers appartiennent à la famille du célèbre chanteur Richard Bona. Pour être plus sérieux, j’ai posé la question mais les définitions ne sont pas forcément les mêmes. Certains m’ont dit que cela voulait dire « grande famille » ou « à » ou « chez ». Je me dis que cela doit être similaire au mot « keur » en wolof qui signifie « maison » qui donne Keur Massar ou Keur Mbaye Fall. Au Togo c’est plutôt « kopé » qui signifie « village » qui donne « Kolokopé », « Kodjoviakopé », « Hanoukopé » ou « Amouzoukôpé » par exemple.

Bonandjo, Bonapriso, Bonalembé, Bonamoussadi, Bonabéri, Bonassama, Bonaduma et que sais-je encore ? Mais nous avons aussi Akwa (centre-ville), Bépanda, New-Bell, Makêpê ou le quartier chaud de Deido, avec sa rue de la joie.

Dans les quartiers de Douala, les poteaux téléphoniques et électriques m’ont intrigué. On dirait que les câbles ne pouvaient jamais être bien tendus entre deux poteaux. Et sur chaque poteau, on y voit un tel amoncellement de fils qu’on croirait que la société de téléphonie ou d’électricité s’y constitue une réserve. Mais le hic, c’est que chaque arrivée de fil avait son rouleau toujours bien fourni. D’ailleurs, les fils se disputaient les poteaux avec les bâches publicitaires ou d’annonces de décès.

Douala demeure une bonne ville africaine avec ses bacs blancs d’ordures toujours débordants ainsi que ses caniveaux toujours remplis d’eaux verdâtres. Faites surtout attention quand vous marchez sur les plaques de béton qui les couvrent.

Au Cameroun, ne vous étonnez pas qu’on réponde à vos questions par des questions. A la fin des mots vous allez toujours sentir les « euuuu », les « engggg » et les « onggggg ».

A bientôt…

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

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La canne blanche, pour voir et pour parler http://mawulolo.mondoblog.org/2018/10/17/canne-blanche-voir-parler/ http://mawulolo.mondoblog.org/2018/10/17/canne-blanche-voir-parler/#respond Wed, 17 Oct 2018 14:18:25 +0000 http://mawulolo.mondoblog.org/?p=2089 Fortuitement j’ai découvert qu’il existait une journée internationale de la canne blanche. Cet outil si précieux pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes. Cette célébration est prévue pour le 15 octobre de chaque année. C’était donc le lundi dernier. Je trouve [...]

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Fortuitement j’ai découvert qu’il existait une journée internationale de la canne blanche. Cet outil si précieux pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes. Cette célébration est prévue pour le 15 octobre de chaque année. C’était donc le lundi dernier. Je trouve que beaucoup ignore encore l’existence de cette journée. Ce qui démontre le peu d’attention que nous accordons aux personnes souffrant de déficiences visuelles.

Un malvoyant utilisant la canne blanche - Getty Images/RonBailey

Un malvoyant utilisant la canne blanche – Getty Images/RonBailey

Généralement, il nous est difficile de ne pas considérer une personne malvoyante comme une charge. Dans beaucoup de pays, certains sont obligés de mendier pour survivre. Il existe très peu de politiques et de moyens réservés à leur insertion dans le tissu social.

Dans les rues de Dakar, de Porto-Novo, d’Abidjan, de Lomé et de Douala, j’ai vu des non voyants qui avaient des bâtons en bois ou qui se dirigeaient avec l’aide d’une autre personne. En Europe, si ce n’est pas un chien-guide qui est l’accompagnateur, les malvoyants disposent souvent de la canne blanche. En Afrique, peu de personnes souffrant de handicaps visuels disposent de cet outil, pourtant très utile.

Cette canne permet non seulement à son utilisateur de se diriger mais aussi de communiquer avec les personnes environnantes. Malheureusement, très peu parmi nous ont appris à reconnaître et à interpréter les signes d’un utilisateur de la canne blanche. Souvent nous préférons même détourner le regard.

Les origines et les fonctions de la canne blanche

Trois versions existent et elles ont un point commun : la canne blanche a été inventée au 20ème siècle. Certains attribuent son invention au Britannique James Briggs, un artiste ayant perdu la vue, en 1921 tandis que d’autres pensent que c’est la Française Guilly d’Hebermont, en 1930. D’autres encore l’attribuent aux Lions Clubs des Etats-Unis vers 1930 ou 1931.

La journée internationale de la canne blanche, elle, a été instaurée en 1970 par la Fédération internationale des aveugles, aujourd’hui appelée Union Mondiale des Aveugles.

La canne blanche sert pour le déplacement autonome des déficients visuels. Elle permet à ceux parmi eux qui souffrent de troubles d’équilibre d’avoir un appui. La détection d’obstacles est assurée. Elle permet aussi au grand public de reconnaître facilement les personnes déficientes visuelles. Un véritable outil de communication.

Les personnes ne souffrant pas de déficiences visuelles se doivent de connaître les différents messages qu’essaient de faire passer par les utilisateurs de la canne blanche.

Les signes de base à reconnaître

Pour savoir utiliser la canne blanche, la personne déficiente visuelle doit se former car une standardisation des gestes a été réalisée. Certains des signes faits avec la canne blanche doivent être maîtrisés par le grand public pour pouvoir leur venir en aide en cas de besoin.

Lorsqu’une personne déficiente visuelle fait des mouvements semi-circulaires devant elle avec sa canne, elle est en train de chercher son chemin et de détecter les éventuels obstacles.

Quand elle soulève sa canne devant une chaussée, elle indique aux automobilistes et même aux passants qu’elle veut traverser.

Si vous apercevez, un utilisateur frapper le sol avec sa canne, c’est certainement pour avoir des informations sur la texture du sol (boue, sable, pierre, pavés, chaussée …).

Pour les aider, approchez-vous de ces personnes et adressez-vous gentiment à eux. Ils entendent et comprennent.

Les évolutions de la canne blanche

De nos jours, les progrès technologiques ont permis l’évolution de la canne blanche.

Des cannes électroniques dotées de faisceaux laser ou de vibreurs permettent une meilleure reconnaissance des types de terrains et d’obstacles à éviter par les personnes déficientes visuelles. Encore faut-il avoir les moyens d’en disposer!

Les cannes blanches peuvent aussi être munies d’un boitier. Couplé à une oreillette, le dispositif comporte un système de géolocalisation, un GPS piéton conçu pour accompagner les déficients visuels et une connexion aux feux tricolores « parlants ». C’est la canne connectée.

Ces évolutions sont essentiellement notées dans les pays occidentaux tandis que dans les pays sous-développés, les personnes souffrant de handicap visuel ont du mal à disposer de la canne blanche basique.

Par ailleurs, des chiens-guides peuvent être utilisés par les propriétaires de canne blanche. Mais tout cela nécessite des moyens financiers.

Il convient de signaler que les non-voyants et malvoyants utilisent, pour écrire, le langage Braille. Prenons soin de ces personnes souffrant de cécité ou de déficience visuelle. Notre message à leur endroit doit être « perdre la vue, ce n’est pas perdre la vie ».

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