#MondoChallenge : mon top 10 des solutions pour l’égalité femme-homme

Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes et souvent l’occasion pour beaucoup de ressortir la panoplie des revendications ou des recommandations visant à rétablir un tant soit peu l’égalité des genres.
Ce sujet, qui est d’une importance notable, requiert que l’on propose des solutions bien conçues. Ces solutions doivent être des objectifs SMART comme on dit en gestion de projet. Oui, arriver à l’égalité homme-femme est tout un projet.

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CP : Marc Nozell via Flickr CC BY 2.0

Les propositions de solutions pour l’égalité femme-homme peuvent varier selon le milieu et les temps. La raison est simple : les causes de cette inégalité constatée ne sont pas les mêmes que l’on soit sur des régions, des continents ou des pays différents. Déjà que dans un même pays, les réalités divergent.
Je vous propose donc un menu de 10 solutions, une sorte de dix commandements, légèrement commentées. Puisque nous savons tous que l’humain (femme ou homme) est le seul qui puisse agir ou implémenter des solutions, mes propositions vont s’adresser à des personnes que je désignerai par « tu » ou « vous ». A vous de voir si vous êtes concerné(e)s. Vous pourriez aussi voir les solutions qui vous semblent réalistes ou acceptables pour vous, même si ce que je dis n’engage que moi-même.

Solution 1 : de la formation sur l’égalité des genres, tu organiseras

La semaine dernière, une de mes amies, qui est médecin (je ne peux pas dire médecine 😀 ), a écrit sur son mur Facebook qu’elle a reçu, en consultation, un couple. La femme ne répondait à aucune des questions et c’est l’homme qui le faisait à sa place. Pourtant c’était elle qui était souffrante. C’est spécifique à leur ethnie que l’homme prenne toujours les devants. Devant les commentaires de mon amie scandalisée, certains internautes lui ont demandé si la dame même n’était pas consentante. Et c’est là où tout le problème se pose : la prise de conscience de sa situation de dominé ou de dominant. Et en agissant dessus, on peut rétablir un équilibre ou une égalité. Il faut donc une prise de conscience des acteurs de l’inégalité : les femmes et les hommes.

Des politiques de formation des enfants, des jeunes, des femmes, des groupes et des associations de jeunes doivent être élaborées sur la question du genre. Cette formation doit aussi s’adresser aux spécialistes des médias qui pourraient être des relais efficaces auprès des populations.

Les thématiques à traiter concerneront l’égalité des droits, le leadership féminin notamment.

Solution 2 : l’écriture inclusive, tu promouvras

L’écriture inclusive ou épicène est permet de ne plus considérer que parce qu’il y a ne serait-ce qu’un seul homme parmi des femmes on peut tout mettre au masculin pluriel pour signifier le groupe. Elle touche aussi les fonctions qui ont des appellations exclusivement masculines et qui sont pourtant exercées par des femmes aussi.

Les défenseurs de cette forme d’écriture ne croient pas en la neutralité des mots masculins et y voient une forme de sexisme. Sa mise en œuvre n’est pas encore totalement maitrisée mais le programme avance.

Une anecdote : il y a un cantique célèbre dont le refrain est « blanc, plus blanc que neige… » et depuis un certain temps, j’entends les femmes chanter à tue-tête « blanche, plus blanche que neige… » ; je me suis dit que l’écriture inclusive est arrivée même dans les églises.

Solution 3 : l’inclusion financière des femmes, tu impulseras

À l’échelle mondiale, les femmes sont 7 % moins susceptibles d’avoir accès à des services de transactions financières simples. Les couches les plus pauvres sont les plus touchées. Les femmes vivant avec moins de deux dollars par jour sont en moyenne 28 % moins à même d’avoir un compte en banque que les hommes. Il existe même des pays où la femme a besoin de l’autorisation de son mari pour ouvrir un compte en banque. Ceci est une forme d’inégalité femme-homme à laquelle il faut remédier.

Plusieurs structures financières nationales ou internationales comme la Banque mondiale, l’Alliance pour la finance inclusive (AFI) ou encore la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) déploient des stratégies pour réduire cette inégalité. Pour notre part, nous devons aussi lutter pour enrayer les freins sociaux qui n’encouragent pas les femmes à aller vers l’indépendance financière, à accéder aux services bancaires et autres. Cette inclusion financière des femmes boostera automatiquement l’entrepreneuriat féminin.

Solution 4 : l’accès à la technologie, tu simplifieras pour les femmes

L’inégalité des genres est aussi visible dans le domaine des technologies de l’information, surtout dans les pays en développement. Là, selon la GSM Association, 200 millions de femmes de moins que les hommes n’ont pas de téléphone portable. Et cette disparité se répercute sur l’utilisation d’Internet.

De nos jours, les difficultés d’accès à l’information ou aux divers services numériques sont considérées comme une discrimination. Il convient de développer des stratégies spécifiques pour faciliter l’accès des femmes aux nouvelles technologies de l’information. Les programmes du style « une fille scolarisée, un ordinateur » doivent être vulgarisés.

Solution 5 : des femmes prêtresses, pasteures ou imams, tu accepteras

Dans l’Eglise catholique, par exemple, les femmes ne peuvent être prêtres et dans certaines églises protestantes, elles ne peuvent être pasteures. Dans l’Islam, il n’est pas accepté d’avoir des femmes imams. Mais je crois que dans beaucoup de couvents animistes africains, il y a des prêtresses. Dieu déteste-t-il les femmes ? Non.

Si ces pratiques avaient été adoptées dans le temps, c’était peut-être pour des raisons sociales spécifiques. De nos jours, ces blocages doivent être levés pour que la femme soit réhabilitée dans ce qui est son droit dans la pratique religieuse.

Femme sénégalaise mâchant un cure-dent - Crédit photo : Toon van Dijk sur flickr.com

Femme sénégalaise mâchant un cure-dent – Crédit photo : Toon van Dijk sur flickr.com

Solution 6 : de sa dot et de son mariage, vous discuterez

Dans beaucoup de pays, d’ethnies, de cultures, la femme ne peut décider seule de son mariage ou de la constitution de la dot qui la concerne. Des fois, elle n’a même pas son mot à dire. Ce sont les hommes ou les familles qui décident à sa place. Même lorsqu’elle n’est pas encore majeure, on peut la marier comme on veut et à qui on veut sans son avis.

Les populations doivent être sensibilisées à ce sujet pour que la femme ne soit plus un objet de marchandage entre des parents véreux.

Solution 7 : les lois et codes, sur le sujet, tu feras connaître

Dans beaucoup de pays, des lois et des codes civils ou matrimoniaux existent et confèrent des droits aux femmes. Mais force est de constater que beaucoup les ignorent. Il conviendrait de faire connaître ces textes et surtout les conséquences de les enfreindre. Cela réduirait certainement les actes qui conduisent à des inégalités de traitement entre les hommes et les femmes.

Au Sénégal, par exemple, l’article 111 du code de la famille indique que la femme ne peut se marier qu’à plus de 16 ans. Pourtant, les mariages précoces sont encore légion dans le pays. Et beaucoup de pays africains sont encore dans la même situation. Souvent les personnes concernées sont ignorantes de cette disposition pourtant en vigueur.

Solution 8: de l’homme, tu ne feras pas un ennemi

Souvent, lorsque l’on parle de l’égalité des genres, beaucoup pensent que les hommes ne peuvent pas faire partie de la solution car ils sont vus comme la cause des inégalités. Ceci est une grave erreur. Les hommes doivent être impliqués à tous les niveaux concernant la thématique de l’égalité des genres.

Là où l’on recherche exclusivement des activistes féminins et féministes que l’on appelle desfois « femmes d’influence », on pourrait peut-être former des paires d’activistes du genre. Cette paire sera un duo composé d’un homme et d’une femme pour faire des campagnes de sensibilisation sur le sujet. J’ai beaucoup apprécié la campagne « He for She » initiée depuis quelques années.

Solution 9 : l’excision, tu banniras

Il y a pratiquement un mois, le 6 février, était célébrée la journée internationale de la « Tolérance zéro » à l’égard des mutilations génitales féminines. Cette journée a été instaurée depuis 2003. Même si le phénomène semble en recul, les chiffres actuels font encore froid dans le dos, lorsqu’on imagine ce qu’une femme peut ressentir lorsque la lame passe sur la partie dont on l’ampute. Cette question de mutilation porte atteinte à l’autonomisation de la femme. Les conséquences psychologiques et physiologiques en font une source d’inégalités.

Ce qui peut étonner certains est le fait que ce problème n’est pas seulement africain. Même en Asie et en Europe, le phénomène est constaté.

Il urge de trouver des voies et moyens pour stopper ce phénomène abominable que rien ne saurait justifier. On ne le voit pas souvent mais ce fléau est aussi la raison de certaines migrations, des réfugiées fuyant l’excision à l’intérieur d’un même pays ou vers l’extérieur.

Solution 10 : de la discrimination positive, tu n’abuseras pas

Je discutais avec une amie qui m’a affirmé qu’elle est foncièrement contre la discrimination positive en faveur des femmes, surtout quand il s’agit de candidatures pour un emploi. Selon elle, si à compétences égales, on sélectionne toujours les femmes, beaucoup auront tendance à sous-estimer la gent féminine. Et aussi la femme elle-même peut se sous-estimer. Elle aurait préféré voir une femme gagner sa place pas parce qu’elle est femme mais plutôt parce qu’elle aura été la meilleure. Sinon, pour elle, la discrimination positive est une cooptation qui ne dit pas son nom.

Me référant à cette réflexion que je partage partiellement, je me dis qu’il faut utiliser la discrimination positive avec parcimonie.

Il y a évidemment beaucoup d’autres propositions qui pouvaient être faites. Pour ma part, j’en ai retenu les 10 que je vous ai livrées. Les femmes autant que les hommes ont leur partition à jouer dans le projet d’aboutir à l’égalité femme-homme.

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Ingénieur Informaticien de formation, ma passion pour la communication appuyée par des compétences et des expériences me permettent de travailler, aujourd'hui, dans la communication. Les politiques, stratégies et projets Jeunesse sont également mes dadas. A ce titre, je suis le coordonnateur de l'action Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique. Sur ce blog personnel, je me livre à l'exercice de l'écriture, qui est aussi une de mes passions.

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