Chocotogo, le chocolat togolais

Par le biais des réseaux sociaux, j’ai découvert que mon pays le Togo produit du chocolat. Je devrais plutôt dire que des jeunes togolais produisent du chocolat au Togo. J’ai donc patienté d’avoir l’occasion de les acheter et goûter, lors d’un voyage au pays. Je ne fus pas déçu et je me suis dit qu’il fallait que je me renseigne sur les producteurs et que j’en parle. Ce chocolat produit au Togo s’appelle « Chocotogo » et est produit par une jeune entreprise éponyme.

Ne vous inquiétez pas car ils ne m’ont pas payé pour ce billet.

Les chocolats Chocotogo - Photo : Roger Mawulolo

Les chocolats Chocotogo – Photo : Roger Mawulolo

Pour produire du chocolat, il faut bien évidemment du cacao. Et le Togo en produit depuis les années d’avant son indépendance en 1960. Pourtant, il a fallu attendre 2014 pour voir des jeunes entrepreneurs se lancer réellement dans la production du chocolat au Togo.

Le cacao est principalement cultivé dans la zone de Kpalimé, une ville située à 120 kilomètres au Nord-Ouest de Lomé. C’est une région aux terres très fertiles. Quand les oiseaux y mangent des fruits et en font tomber les grains au sol, les arbres fruitiers repoussent tous seuls. La région des Plateaux où se situe la ville de Kpalimé est tout aussi fertile.

Le cacao faisait partie des produits d’exportation qui enrichissaient le pays. Une société d’Etat existait même pour s’occuper spécialement de la filière. Elle s’appelait la SRCC (Société pour la Rénovation de la Caféière et de la Cacaoyères togolaises). En plus d’elle, il y avait l’OPAT (Office des Produits Agricoles du Togo) qui était chargé de la commercialisation. C’était au temps de la révolution verte où l’agriculture était déclarée prioritaire. Ces deux sociétés d’Etat n’existent plus, de nos jours, et pour cause. Mais cela n’est pas le sujet.

Revenons donc au chocolat togolais « Chocotogo »

L’histoire de Chocotogo

Choco Togo a lancé ses activités en mars 2014. Mais tout a commencé un an plus tôt. A l’issue d’un projet de formation de jeunes en entrepreneuriat agricole dénommé FYSIC (Fair Young Sustainable and Inclusive Cooperative), 6 jeunes togolais et un encadreur ont été sélectionnés pour une formation pratique en Italie (à Modica en Sicile). Sur place, ils ont été rejoints par 18 autres jeunes venus de la Côte d’Ivoire, de la République Tchèque et du pays hôte. Le projet était financé par l’Union européenne.

A Modica, les jeunes ont reçu une formation pratique en fabrication traditionnelle du chocolat, en tourisme responsable, en commerce équitable et en  e-commerce.

Durant leur formation, les jeunes ont bien compris que c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Aussi ont-ils entrepris à leur retour, de se lancer dans des recherches et expériences pour trouver, concevoir et mettre en œuvre la meilleure technique de fabrication du chocolat et surtout celle qui sera adaptée à leur contexte. Pour mieux appréhender toute la chaîne de fabrication, ils ont aussi effectué des séjours d’études et réalisé un documentaire dans les fermes villageoises de cacao.

Etiquette du chocolat chocotogo - Photo : Roger Mawulolo

Etiquette du chocolat chocotogo – Photo : Roger Mawulolo

La fabrication de « chocotogo »

Du choix des fèves jusqu’à l’obtention du chocolat, un processus artisanal a été mis en place,  préservant ainsi toutes les vertus naturelles du cacao. Ce qui n’est pas le cas, des gros producteurs mondiaux qui utilisent des additifs, des huiles et des arômes chimiques. Ici l’arôme naturel du chocolat est garanti et préservé.

Les fèves de cacao utilisées par Chocotogo sont certifiées biologiques et équitables.

La pâte de cacao, le sucre roux et des ingrédients locaux tels que l’arachide, le gingembre, la noix de coco utilisés confèrent au chocolat « Chocotogo » toute son originalité en terme de goût et de saveur.

Plusieurs gammes de Chocotogo (avec divers poids) existent :

  • chocolats « nature » (à 85%, 70%, 60% et 50% de cacao)
  • chocolats noirs (à l’arachide, au gingembre et à la noix de coco avec une teneur de 55% en cacao)
  • Des pâtes de cacao
  • Des fèves de cacao torréfiées
  • De la pâte à tartiner AZINTO

Des coffrets cadeau personnalisés de chocolats peuvent aussi vous être conçus et livrés par Chocotogo.

Les retombées pour la région

La proximité de l’unité de fabrication avec les zones de culture du cacao permet une grande réduction des coûts notamment de transport. Ce qui permet à la jeune entreprise de mieux rémunérer les planteurs qui l’approvisionnent.

Chocotogo crée de l’emploi dans les zones d’où il tire sa matière première, le cacao. Le traitement et le décorticage des fèves sont confiés aux femmes de la zone. Le taux de chômage s’en trouve réduit. Ce qui constitue un facteur de création de richesse ainsi que d’amélioration des conditions de vie des familles. Ce qui n’est pas rien dans ces zones rurales qui sont souvent pauvres et délaissées par les programmes étatiques.

Aujourd’hui, Chocotogo emploie une cinquantaine de femmes à Kpalimé où se trouve son siège et 12 jeunes à Lomé sur son second site de production.

Toutes ces actions et efforts ont valu à Chocotogo d’être récompensé par plusieurs prix : le 2éme prix d’innovation du Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (SIALO), le  1er prix d’innovation des jeunes entrepreneurs agroalimentaire de Terra Madre (SLOW FOOD) en Italie et le 1er prix du meilleur projet entrepreneurial du Forum des jeunes entrepreneurs au Togo en 2015 et le 2ème prix de la catégorie Agriculture-Agribusiness du Concours « Francophonie 35<35 » en 2016.

Vous savez donc ce qui vous reste à faire si vous voulez manger du chocolat togolais.

J’espère, pour les jeunes entrepreneurs de Chocotogo, qu’ils auront de l’appui de l’Etat togolais ou d’autres structures. Avec cela, peut-être qu’ils vont conquérir le monde et que pendant les fêtes de fin d’année, ils concurrenceront Lindt, Ferrero et compagnie.

Il est permis de rêver, n’est-ce pas ? En tout cas, c’est mon rêve pour eux.

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

 

À propos de l'auteur

Mawulolo

Ingénieur Informaticien de formation, ma passion pour la communication appuyée par des compétences et des expériences me permettent de travailler, aujourd'hui, dans la communication. Les politiques, stratégies et projets Jeunesse sont également mes dadas. A ce titre, je suis le coordonnateur de l'action Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique. Sur ce blog personnel, je me livre à l'exercice de l'écriture, qui est aussi une de mes passions.

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