Sénégal : escapade sur la lagune de la Somone

Au Sénégal, il n’y a pas que de jolies femmes, ni seulement l’Île de Gorée, la réserve de Bandia ou le parc de Djoudj, il y a aussi la lagune de la Somone. Une promenade imprévue sur ce plan d’eau connecté à l’océan m’en a fait découvrir la beauté et la splendeur. Montez avec moi dans le gualgui (pirogue en wolof) et faisons un petit tour…

Des oiseaux sur la lagune de la Somone - Photo : Roger Mawulolo

Des oiseaux sur la lagune de la Somone – Photo : Roger Mawulolo

Par un dimanche ensoleillé, avec quelques amis, nous sommes montés dans la pirogue pilotée par Alimou Ba, un jeune guide de la Somone. Je ne savais pas encore ce que j’allais découvrir, j’avais donc beaucoup hésité… J’avoue qu’au retour, je n’ai pas du tout regretté d’avoir fait ce circuit !

Je voudrais vous offrir ici le récit de cette escapade lagunaire :

Lagune et océan

Avant d’aborder la lagune, deux choses sont à remarquer : la petite cabane verte indiquant que la zone est protégée, mais aussi et surtout l’embouchure.

La cabane verte sur pilotis est occupée par des agents de la brigade des eaux et forêts et aussi un représentant de la mairie de Sindia, la municipalité dont dépend la Somone. La traversée coûte 6500 francs CFA et 2000 francs sont reversés aux structures administratives citées. Une gestion participative qui est effective entre les parties prenantes. Cette inscription blanche sur l’une des façades de la cabane veut tout dire : « Réserve naturelle d’intérêt communautaire de la Somone ».

L’embouchure, quant à elle, est large de quelques mètres et connecte la lagune à l’Océan Atlantique. D’un côté, vous verrez l’hôtel Royal Baobab et de l’autre, de modestes restaurants. Chaque restaurant dispose d’une barque permettant d’y amener des clients. Cette dernière porte toujours le nom du restaurant-propriétaire.

Les oiseaux de la Somone

A chaque fois que notre barque s’approchait d’une zone où il y avait des oiseaux, notre guide ralentissait son moteur pour diminuer le niveau sonore. Nous pensions que c’était le moteur qui avait des problèmes techniques. Que nenni ! Il s’agissait en fait d’une manœuvre pour ne pas déranger les oiseaux ou les faire fuir. Sur la lagune de la Somone, humains et oiseaux se respectent.

Nous avons donc pu admirer diverses espèces d’oiseaux : des milans noirs, des aigrettes, des goélands, des hérons cendrés, des martins pêcheurs et des mouettes. Ils se trouvaient sur l’eau, les bancs de sable ou juchés sur des palétuviers. Et, évidemment, dans les airs.

Palétuviers, mangrove et parc à huîtres
Somone : le parc à huîtres - Photo : Roger Mawulolo

Lagune de la Somone : la culture des huîtres – Photo : Roger Mawulolo

La lagune de la Somone est un écosystème où les palétuviers ont une fonction vitale : en plus de protéger le littoral, les palétuviers sont l’abri d’une faune diversifiée dont font partie les oiseaux. Les palétuviers sont les espèces essentielles de la mangrove de la Somone.

Sur les racines des palétuviers, vivent aussi les huîtres. Ceci a généré une activité génératrice de revenus pour les femmes de la région. Elles viennent des villages environnants pour récolter les huîtres. Elles ravitaillent les restaurants et les hôtels de la Somone. Sur place, dans ce qui est appelé le parc à huîtres, la consommation est possible. La culture des huîtres sort aujourd’hui des racines des palétuviers, tout un mécanisme est mis en place et visible sur l’eau. C’était la deuxième fois que je voyais une culture d’huîtres après celle de la lagune de Thau (près de Sète, dans le sud de la France).

Le baobab sacré de la Somone
Somone : le baobab sacré - Photo : Roger Mawulolo

Somone : le baobab sacré – Photo : Roger Mawulolo

Lorsqu’on vous en parle, vous imaginez certainement autre chose. A sa vue, vous sourirez forcément. Les guides ne vous diront jamais grand-chose sur le baobab sacré avant que vous ne le voyiez. Alors dans votre imagination naissent plusieurs vues. Le sacré étant toujours majestueux.

Le baobab sacré est en fait un baobab nain qui ne fait pas plus d’un mètre soixante. Il a résisté au temps et on lui prête plus de 200 ans de vie. Il est considéré comme sacré car, dans le temps, les villageois venaient y faire des sacrifices pour la paix, les bonnes récoltes et la réalisation de leurs vœux les plus chers. Aussi y sacrifiaient-ils des poulets, moutons et autres. De nos jours, les visiteurs se contentent d’y poser des coquillages sur lesquels ils prononcent leurs vœux. Tout comme le pont sur lequel les amoureux accrochaient des cadenas.

La lagune de la Somone, c’est aussi…

D’autres attractions existent aussi autour de la lagune.

Le TPV (Train à Petite Vitesse) est le surnom donné aux calèches qui servent à faire des promenades autour de la lagune. Vous avez aussi un chantier naval tenu par un Français du nom de Richard. Il fabrique et répare la majorité des bateaux utilisés sur la lagune. Le nom officiel de la compagnie est « Arcandia ». Pour les restaurants, le plus célèbre semble être « Chez Rasta ». Le propriétaire a placé des drapeaux de divers pays sur les toits de ses paillotes. J’ai eu le plaisir de remarquer celui du Togo, mon pays. Ce restaurant est répertorié dans le guide du routard. Vous verrez aussi de jolies maisons construites au bord de l’eau par de riches habitants vivant le plus souvent à Dakar.

Lorsque vous séjournerez sur la petite côte au Sénégal, ne manquez pas d’aller faire un tour sur la lagune de la Somone. Vous ne le regretterez certainement pas.

A bientôt…

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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