Le tiaré Maohi, la reine des fleurs polynésiennes

La Polynésie française aurait dû s’appeler l’île des couleurs et des fleurs, tellement on en voit sur place. La plus remarquable de ces fleurs est le tiaré Maohi.

Le tiaré Maohi - Crédit photo : flickr.com

Le tiaré Maohi – Crédit photo : flickr.com

Je n’ai jamais vu autant de fleurs et de couleurs naturelles et fraîches réunies en un seul endroit. En Polynésie française, le parfum des fleurs est une odeur permanente. On croirait qu’elles ne se fanent jamais. Les couleurs aussi font partie du décor naturel. Et tout un art de décoration y est associé.

Autant je ne peux vous parler de toutes les fleurs que l’on trouve là-bas, autant je ne peux manquer de parler du tiaré Maohi, la préférée des vahinés car elle sert à parler à la gent masculine. Certains parleront de tiare Tahiti, mais les Polynésiens préfèrent parler de tiare Maohi car la Polynésie française ne se réduit pas à Tahiti.

La fleur des dieux et du peuple

Dans la légende polynésienne, cette fleur a été créée par le dieu Atea (dieu l’espace et du ciel) aidé par son fils Tane (dieu de la beauté et de la lumière). Jadis, seuls les rois et les princes avaient le droit de cueillir cette fleur car elle était sacrée. C’est par la suite que le tiaré Maohi est devenue un symbole d’amour.

Son nom scientifique est Gardenia Tahitensis. En langue locale, tiaré veut dire « fleur » et Maohi est le nom du peuple polynésien. Cette fleur est donc « la fleur du peuple polynésien ». Pour vous accueillir ou vous dire au revoir, on en met une couronne autour du cou ou de la tête. Et elle est supposée vous porter chance. Vous les verrez aussi dans tout type de cérémonies : fêtes entre amis, mariage, culte, messe, manifestations politiques etc.

Elle symbolise la joie, le plaisir ou encore la fête. Mais le plus intéressant est quand elle est portée à l’oreille par les vahinés.

Une vahiné avec son tiaré - Crédit photo : Roger Mawulolo

Une vahiné avec son tiaré à l’oreille droite – Crédit photo : Roger Mawulolo

A l’oreille

Le tiare maohi, placée dans les cheveux au niveau de l’oreille véhicule un message sans équivoque. Il faut connaître ce message car la fleur mal placée peut entraîner une femme là où elle ne veut pas. Cela peut aussi faire rater une belle occasion à un homme. Dans tous les cas, l’enfant Maohi est éduqué pour comprendre le langage des tiaré.

Je vous livre la table de décodage :

  • à gauche (côté du cœur), la personne indique qu’elle est prise ;
  • à droite, elle vous indique qu’elle est disponible.
  • si les tiares sont portées des deux cotés à la fois, cela signifie que la personne est mariée mais quand même accessible !
  • si le tiaré est porté vers l’arrière, la personne indique qu’elle est disponible et « immédiatement ».

Vous avez intérêt à maîtriser ce code pour ne rien rater !

Pour les mariés

Il est de coutume de répandre des tiaré maohi sur le lit des nouveaux mariés pendant les périodes suivant leur union. Il est censé apporter sensualité, amour et passion. A part le lit, la maison entière ainsi que les armoires peuvent être remplies de ces fleurs pour permettre au couple de trouver le bonheur.

Elle sert à la confection d’un aphrodisiaque local, le umuhei qui est une couronne végétale, une spécialité des femmes de l’île des Marquises. C’est un bouquet de plusieurs fleurs parmi lesquelles figurent en bonne place, le tiaré Maohi. Les Marquisiennes le portent dans les cheveux pour éveiller la sensualité et les ardeurs masculines.

Vous connaissez les huiles monoï ? Ce sont les huiles de beauté ou de massage polynésiennes. Le tiaré Maohi rentre dans leur composition. Des vertus médicinales aussi sont connues pour le tiaré Maohi.

Lorsque vous serez en Polynésie, ne restez pas seulement focalisés sur les sourires des vahinés, mais aussi sur la position des tiaré à leur oreille. Cela pourra vous être bénéfique…

Ce n’est pas pour rien que Hinano, la plus belle des Polynésiennes, elle-même, en porte.

Par Roger Mawulolo (Facebook / Twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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