Voyage au Rwanda : une vie tranquille (Partie 3)

Dans ce troisième chapitre de mon cahier de voyage au Rwanda, le pays des mille collines, je vous propose de découvrir quelques habitudes observées chez les Rwandais. Toutes les descriptions, déductions et observations n’impliquent que moi.

Scène de circulation à Kigali - Photo : Roger Mawulolo

Scène de circulation à Kigali – Photo : Roger Mawulolo

Mandela disait « J’ai découvert ce secret : après avoir gravi une colline, tout ce que l’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir. ». C’est comme s’il parlait du Rwanda. Dans ce pays fascinant, alors que vous croyez avoir découvert de nombreuses facettes de la culture, beaucoup de nouvelles facettes s’ouvrent encore à vous ! Il n’est vraiment pas facile de découvrir l’ensemble des mille collines, dans sa totalité, même le temps d’une vie.

Vous avez dû aussi remarquer que beaucoup de Rwandais ont des noms qui finissent par les syllabes « mana« . Mana veut dire « Dieu ». Tous ces noms sont donc pour indiquer que Dieu a fait quelque chose. C’est comme mon nom : Mawulolo, qui veut dire « Dieu est immense ». En Ewé, une langue locale au Togo, Mawu veut dire « Dieu ». Mana est donc l’équivalent en kinyarwanda (langue nationale rwandaise) de Mawu en Ewé.

Manger à Kigali

Généralement, lorsque vous mangez à Kigali, vous commencez par une soupe. Sa couleur peut être verte, jaune ou orangée. Tout dépend des ingrédients, mais elle est toujours bonne, surtout quand elle est chaude. Ensuite, vous pouvez passer au plat de consistance, souvent des grillades. Les Rwandais sont experts en grillade ! Que ce soit du poisson ou de la viande, ils y ont des mains d’ange. Le must, c’est quand la serveuse vous met de l’eau sur les mains pour que vous les rinciez. C’est trop doux, surtout que l’eau est souvent tiède. En plus, les serveuses sont recrutées parce-qu’elles sont jeunes, jolies et souriantes. Du coup, manger au Rwanda peut presque amener au septième ciel !

Dans beaucoup de restaurants, les prix sont abordables. Quand le service du déjeuner est présenté sous forme de buffet, la quantité que vous prenez peut être contrôlée, surtout les morceaux de viande. C’est juste que, pour le montant payé, il ne faudrait quand même pas emporter à vous tout seul tous les morceaux de viande, au détriment des autres clients ! Si vous vous savez gourmand, il vous faudra alors payer deux tickets.

Enfin, je ne peux pas terminer ce paragraphe sans évoquer l’«Akabanga», du piment liquide conditionné dans de petits flacons, semblables à des collyres ophtalmiques (qui lui confère d’ailleurs le surnom de collyre). Il donne vraiment une saveur particulière aux plats.

Le mushanana, la tenue traditionnelle du Rwanda

Impossible de ne pas en parler. Le mushanana est le vêtement traditionnel au Rwanda. Il est porté autant par les hommes que par les femmes. Il consiste en une longue jupe froncée aux hanches, un bustier et une étole drapée par-dessus une épaule. Le tissu est généralement léger pour accentuer l’effet de fronce. Parfois, certains hommes le porte avec un pantalon et une chemise. Pour les couleurs, chacun y va de son goût.

De nos jours, cette tenue n’est pas portée au quotidien, elle est réservée aux cérémonies de mariage ou aux groupes culturels. Le jour où la famille d’un jeune prétendant apporte la dot à celle de l’élue de son cœur, il n’est pas rare de voir des mushanana de grande classe portés par les membres des deux familles. Chaque Rwandais en a au moins un dans son armoire. Mais vous serez beaucoup plus considéré si, à diverses occasions, vous ne mettez pas toujours le même mushanana, élégance oblige !

Des Rwandais dansant en mushanana - Photo : Roger Mawulolo

Des Rwandais dansant en mushanana – Photo : Roger Mawulolo

Les distances s’expriment en heure

Lorsque vous demandez à un Rwandais « quelle est la distance entre Kigali et Rubavu ? » par exemple, il vous répondra certainement « cela fait environ 3 heures de route ». Au Rwanda, les distances semblent s’évaluer en heures et minutes plutôt qu’en kilomètres. J’ai fini par comprendre que la culture de la limitation de vitesse est fortement ancrée dans les habitudes et que c’est finalement la durée qui compte le plus. Et s’il s’avère que le trajet vous prenne 4 heures au lieu des 3 heures annoncées, il n’y a pas lieu de se mettre en colère car votre ami Rwandais vous répondra avec le sourire  qu’« il n’y a pas de problème ».

Ici, la patience est bien le maître-mot. En trajet interurbain, les rwandais ne sont pas autorisés à dépasser 70 km/h. Et avec l’habituelle présence policière, le respect est de mise. Je me suis souvent demandé si le respect aurait été aussi strict sans présence très importante de la police.

Bus et taxi-motos

Dans beaucoup de pays africains, les bus « Toyota – Coaster » sont utilisés pour le transport de touristes et ils sont loués assez chers. A Kigali, ils servent aussi de transport en commun. Vous pouvez les voir partout dans les rues, en route ou stationnés aux arrêts de bus. Les passagers les attendent puis ils montent dedans en ordre et sans raffut. La surcharge n’existe pas car la police veille au grain. Je crois aussi que les chauffeurs sont conscients des risques d’accident que cela pourrait induire.
Mais le moyen de transport le plus répandu, c’est le taxi-moto. Les conducteurs sont toujours habillés d’une tenue réglementaire avec un numéro bien visible. Leur casque porte souvent leur numéro de portable. Ils vont partout et leurs prix sont abordables. Le port du casque est obligatoire et cette disposition est complètement respectée. Ce n’est pas comme dans d’autres pays africains où les femmes refusent de mettre le casque quand elles ont une nouvelle coiffure.
Pour disposer d’un taxi-moto, il existe même une application sous Android appelée SafeMotos, un peu comme Uber sous d’autres cieux.

Aujourd’hui, le Rwanda se développe et forme sa jeunesse, le pays est loin des dénonciations de manque de démocratie ou de non-respect des droits de l’être humain. Il fait indéniablement partie des pays africains qui, au XXIe siècle, se développent sûrement et rapidement.

Par Roger Mawulolo (Facebook / Twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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6 Commentaires

  1. Waouh Roger. J’avais déjà une très bonne appréhension de ce pays mais là… Tu me donnes sacrément envie de découvrir ce pays « africain » dans lesquels les gens « respectent » finalement les Lois et les règlements. Super article !!

    1. Yes Ecclésiaste, au delà des critiques sur les droits humains, je trouve que ce pays « travaille » sérieusement à son avenir. La démocratie, je suis sûr, y reviendra totalement un jour mais je comprends que pour le moment ils veuillent d’abord bien éduquer et former la nouvelle génération.
      Au vu de l’histoire du génocide, certains politiciens pourraient encore vouloir agiter la fibre ethnique.
      Mon frère j’ai vu les os, les cranes et les habits maculés de sang séché,
      J’ai vu les dernières heures de certains enfants…

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