Sénégal -Tabaski : acheter son mouton moins cher

Les Tabaski se suivent et se ressemblent car le prix du mouton flambe d’année en année. Comment font certains chefs de famille sénégalais, à revenu modéré, pour espérer avoir un bon mouton à un prix acceptable?
Je vous en parle.

Élevage sur terrasse à Dakar - Image : commons.wikimedia.org

Élevage sur terrasse à Dakar – Image : commons.wikimedia.org

J’ai recensé 4 méthodes testées avec plus ou moins de succès.

L’acheter bien avant

Certains chefs de famille achètent leur mouton des mois (3, 6 ou 12) à l’avance pour se garantir des prix acceptables. Après cette acquisition, ils se chargent de nourrir et d’entretenir leur mouton chez eux. Les adeptes de l’élevage en terrasse le font sur le toit de leur maison. D’autres encore les élèvent dans leur cour ou devant leur maison. Cet élevage en pleine ville n’est pas sans désagréments pour le voisinage. D’autres l’achètent et le font garder dans leur village et l’amène à Dakar à l’approche de la fête.

L’acheter hors de Dakar (ou hors des villes)

Une autre méthode est de se déplacer et d’aller acheter son mouton dans un village d’éleveur. L’acheteur peut se garantir ainsi un prix abordable. Il faudra tout de même intégrer le coût du transport de la bête. Que l’on dispose d’un véhicule ou que l’on prenne un transport en commun, un rapide calcul permet de voir qu’on y gagne quand même au change.

Souvent dans les villages, le mouton peut être moins cher car il est nourri à l’herbe sauvage de la forêt tandis qu’en ville l’aliment de bétail coûte cher. Ce qui se répercute sur les prix.

L’acheter le jour même de la fête

Ici c’est la spéculation pure et dure. Le jour même de la Tabaski, certains achats s’opèrent. Là c’est une véritable guerre psychologique entre le vendeur et l’acheteur. Le premier pensant que l’autre acculé et obligé de faire son sacrifice va céder et prendre le mouton à n’importe quel prix. Le deuxième aussi pense pareil et se dit que le vendeur ne voudra pas retourner chez lui avec un stock invendu de mouton. Les discussions sont souvent chaudes mais aboutissent à des ententes. Toutefois, les acheteurs peuvent se voir obligés de faire le tour de plusieurs stands avant de trouver leur bonheur.

Espérer que l’Etat agisse

Chaque année, beaucoup de Sénégalais espèrent une action effective de l’Etat pour la baisse des prix. Chaque année, l’Etat supprime certaines taxes pour l’acheminement du bétail, réduit les contrôles routiers, passe des accords avec les pays voisins qui approvisionnent le Sénégal. Mais cela ne se ressent presque jamais sur le prix final du mouton, tellement les marchands spéculent. Il faudra un contrôle strict des prix à la vente et des sanctions pour ceux qui exagèrent pour qu’un jour, nous arrivions à des prix acceptables.

Dans tous les cas, certains lavent déjà leurs moutons chaque matin à l’eau et au savon pour que leur laine soit bien blanche avant le jour J. Oui, il faut quand même des moutons bien propres à sacrifier au Seigneur.

Par Roger Mawulolo (Facebook / Twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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2 Commentaires

  1. Le grand frère Mawulolo, expert en moutonnerie en tout genre à mondoblog, et ce depuis plusieurs années hein… continue comme ça, un jour même imam va venir te consulter sur l’état de l’économie du mouton au Sounougal kwa. Bon mais dis moi, si le prix du « mouton flambe », esseu c’est la peine de le « fumer » encore.

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