Sénégal : le Ramadan au rythme du panier « Ndogou »

S’il y a un objet marquant de la période du Ramadan au Sénégal, c’est bien le panier « Ndogou ». Dans les familles ou dans les entreprises, le panier « Ndogou » a une place de plus en plus visible et grandissante.

Paniers ndogou - Photo : Roger Mawulolo

Paniers ndogou préparés par un prestataire – Photo : Roger Mawulolo

Ndogou est le mot wolof utilisé pour désigner la rupture du jeûne en période de Ramadan. Il est de coutume de s’offrir des cadeaux pour la rupture. Et souvent, ces cadeaux de natures diverses peuvent être contenus dans un panier. D’où le concept de panier « ndogou ».

La composition du panier ndogou 

Le  panier lui-même est produit par les vanniers de Dakar qui rivalisent  d’ingéniosité pour créer des paniers de diverses formes et couleurs.

Ce qui était au départ des paquets de sucre pour obéir au concept du « soukeurou korr » (en français, le sucre du jeûne) est devenu un véritable phénomène de mode. Les Sénégalais rivalisent d’ingéniosité dans le domaine.

Le contenu du panier à offrir était essentiellement des produits alimentaires servant au petit déjeuner ou à la rupture. Il s’agit du sucre, du thé, du café, du chocolat à tartiner, du lait et autres. On peut aussi y retrouver des fruits et principalement des dattes. Souvent, les produits de première nécessité sont prisés : des ingrédients de cuisine.

De nos jours, le contenu a bien évolué et on peut y retrouver même des tissus de prix, des enveloppes contenant de l’argent voire des légumes de toutes sortes. Je viens de voir un panier ndogou particulier avec des tasses de café, une machine à café et un tapis de prière. Tout peut se retrouver dans le panier ndogou : téléphone portable, tablette tactile, clés USB et des produits de presque toute nature.

On voit même des plateaux ndogou au lieu du panier proprement dit.

Le panier ndogou comme outil commercial et de marketing

Les grandes surfaces et les entreprises ont changé la nature du panier ndogou. Des paniers ndogou sont offerts aux clients pour les récompenser de leurs achats et de leur fidélité. Ils font l’objet de tombola ou deviennent des  objets publicitaires s’ils ne sont pas carrément mis en vente directe.

Les entreprises en ont fait des cadeaux institutionnels et en offrent à leurs partenaires. J’ai déjà reçu un panier ndogou d’une entreprise de téléphonie avec une carte client « Gold » à l’appui.

La nouvelle forme de vente des paniers ndogou est la vente en ligne. Les entreprises sénégalaises de vente en ligne proposent plusieurs types de panier ndogou à livrer à leurs clients. L’innovation a atteint un tel sommet que l’on se voit proposer des paniers ndogou « bio », « diabète », « végétarien ».

Comme pour le ngalakh en période pascale ou le thièrè à la Tamkharit, le panier ndogou est censé servir au renforcement des liens de fraternité et d’amitié. Mais de nos jours, il fait l’objet d’une véritable course pour voir qui offre le plus gros ou le plus cher panier. Une forte pression sociale semble obliger beaucoup de personnes à s’endetter pour respecter cette tradition. Gare à la bru ou au gendre qui osera ne pas offrir un panier ndogou, digne de ce nom, à sa belle-mère.

Salam à tous et Ramadan moubarak.

Par Roger Mawulolo [Facebook] [Twitter]

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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3 Commentaires

  1. J’ai l’impression (d’apres tes billets) que dans la société sénégalaise beaucoup de personnes sont dans le « paraitre »et se cassent la tête pour faire ce qui n’est pas souvent à leur portée, par obligation sociale. C’est bien dommage ! Ou peut-être que je me trompe, Roger ?

    1. Céder à la pression sociale et tomber dans le paraître n’est pas seulement sénégalais. Toute l’Afrique y est.
      Il suffit de voir, chez nous, comment même les familles qui sont dans le besoin organisent des funérailles en s’endettant…

  2. Au Sénégal, les femmes redoutent l’approche du Ramadan. Il y a la tradition de faire un panier appelé « sookeuru koor » pour le remettre aux beaux parents surtout pour ne pas fâcher belle maman.
    Des belles-mères qui sont exigeantes et l’arborent comme un devoir de la belle fille.

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