Dur dur de vivre dans les immeubles

Avec l’urbanisation galopante, beaucoup d’habitants de villes africaines habitent dans des immeubles. Seulement, cette vie n’est pas toujours agréable car beaucoup semblent oublier que vivre en immeuble induit des obligations. Vivre dans cette communauté n’est parfois pas aisé mais on s’y accommode. Un adage togolais dit « il arrive à la langue d’être mordue par les dents mais elle est obligée de rester sur place ». Ceci est souvent le cas si on ne veut pas passer sa vie à déménager. Ou encore peut-on partir lorsqu’on est soi-même propriétaire de l’appartement ?

Immeuble à Dakar

Immeuble à Dakar

Cohabiter ou coposséder un immeuble implique des devoirs et des obligations. La raison est simple : beaucoup d’espaces sont partagés et doivent être entretenus. Ces espaces sont les escaliers, les cours, les parkings, les paliers ainsi que les ascenseurs. D’autres parties moins visibles sont aussi sujettes à ce partage. Il s’agit des tuyauteries, des canalisations, des fosses septiques et des toits. A cela peut s’ajouter la gestion des ordures ménagères produites.

La mauvaise foi et la mauvaise gestion en cause

Souvent la réaction de certains habitants varie en fonction des types de problèmes qui surviennent dans leur immeuble :

  • Quand l’ascenseur est en panne, les habitants du rez-de-chaussée et du premier étage déclarent qu’ils ont des soucis financiers et demandent l’indulgence des autres. Dans ce cas, ceux habitant sur les étages sont pressés que le problème soit réglé
  • Quand ce sont les fosses septiques qui sont pleines, les occupants des étages évoquent leurs poches vides et ceux du rez-de-chaussée font tout leur possible pour que le problème soit réglé.

Vous imaginez donc facilement que chacun agit selon ses intérêts.

Pour l’entretien des escaliers, des couloirs et de la cour c’est souvent assez délicat. Quand il n’y a pas une agence ou une personne en charge de l’entretien, les habitants le font eux-mêmes par rotation. Et souvent, il y a un qui juge que l’autre ne le fait pas aussi bien que lui. Et cela amène des disputes ou des inimitiés entre cohabitants, qui peut s’étendre jusqu’aux familles entières. Même quand un contrat a été signé en bonne et due forme avec une société d’entretien, des tensions peuvent surgir quand un des locataires se révèle être un mauvais payeur.

Certains habitants peuvent, lorsque leur poubelle est pleine, la laisser dans l’espace partagé. Ce qui dérange le voisinage surtout si une odeur pestilentielle en provient.

Pour l’électricité, la gestion de la facture commune amène souvent des coupures par défaut de paiement. De la même façon, le service de sécurité de l’immeuble peut souffrir de non-paiement pouvant amener jusqu’à la résiliation du contrat de gardiennage. Certains habitants, ne possédant pas de véhicules, soutiennent que le gardien ne garde que les véhicules garés devant l’immeuble la nuit. Pour cela, ils ne veulent pas participer aux frais de gardiennage.

Je vous avais aussi fait part, dans mon précédent billet, des bruits que pouvaient faire certains animaux qu’on élève dans l’immeuble. Des hommes aussi peuvent être les auteurs de bruits à cause des disputes (conjugales ou entre les habitants). Certaines personnes indélicates peuvent aussi organiser des fêtes nocturnes sans tenir compte de l’intensité des bruits occasionnés.

Le syndic de copropriété : le meilleur recours

Pour bien gérer un immeuble où cohabitent différentes personnes, il convient de recourir à un syndic de copropriété. Ce qui a l’avantage de disposer d’une base juridique ou contractuelle. Ce syndic peut être confié à des agences immobilières. Mais les habitants peuvent aussi s’entendre pour le gérer eux-mêmes. Dans ce dernier cas, un des habitants peut se voir confier la tâche de la gestion. Il rend ensuite compte aux autres. Dans le cas d’un immeuble où ne logent que des locataires, le propriétaire prend souvent en charge les parties communes tout en prenant soin de rajouter la contrepartie sur les loyers.

Au Sénégal comme dans d’autres pays africains des lois existent pour encadrer les syndic de copropriété mais leur application par les habitants n’est malheureusement pas toujours effective. Souvent ces contrats n’existent que de nom. Si nous observons l’état des espaces partagés dans beaucoup d’immeubles, de graves défaillances sont notées. Il convient de rappeler que le syndic de copropriété bien mis en place donne lieu à des assemblées générales régulières où chaque habitant peut s’exprimer. Ainsi des solutions peuvent être facilement trouvées aux problèmes qui se posent.

A chacun de bien jouer son rôle

Que ce soit par le biais d’une agence immobilière ou par les habitants eux-mêmes, le syndic de copropriété doit être bien géré pour le bien-être des habitants et aussi pour que l’immeuble soit fonctionnel et sécurisé. A cette bonne gestion doit s’ajouter le sérieux des habitants qui devront s’acquitter de leurs contributions financières. Ils doivent aussi avoir des comportements responsables et ne pas participer à la dégradation du bien commun qu’est l’immeuble. Il faut aussi que la résolution des problèmes signalés dans l’immeuble ne fassent pas réagir au gré des intérêts personnels.

Au-delà, les populations doivent aussi être sensibilisées sur les différentes voies de recours qu’elles peuvent utiliser lorsqu’elles sont victimes de ces genres de situations. Bien faire connaître la loi et son application peuvent garantir la paix sociale.

Je ne peux finir sans signaler que tout ce que ne peut régler le meilleur syndic ce sont les ragots. Si ce n’est pas le concierge qui joue à celui ou à celle qui est au courant de tout, c’est le gardien. A moins que les pères et les mères de famille même ne s’y mettent. N’est-ce pas cela aussi qui donne plus de piment à la vie en immeuble ?

Ne souriez pas car je parle d’un problème sérieux.

Et n’oubliez pas de jeter un coup d’œil à la vidéo ci-dessous, un extrait de la série « Nos chers voisins » qui passe sur TF1 (Ce n’est pas de la publicité). Cette série exprime bien les relations de voisinage dans un immeuble.

Salam* à vous ….

Par Roger Mawulolo (facebook) (twitter)
*Salam : paix en Arabe, mot utilisé couramment au Sénégal

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

Archives par auteur

4 Commentaires

    1. Merci Guy.
      Comme on dit toujours la confiance n’exclut pas le contrôle… Et ce syndic est un contrat qu’on peut annuler dès qu’il y a vice…. La mauvaise foi de l’homme demeure toujours un mal…

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *