Tongasoa* à Antananarivo, mon amour (Partie 1)

J’étais dans cette ville, le 16 octobre 2015 quand le décès de mon père m’a été annoncé. Depuis ce jour, cette ville et moi, on est lié à jamais. A ma deuxième visite, en août 2016, les mondoblogueurs de cette cité m’ont reçu pour le déjeuner et d’autres ami(e)s m’y ont accueilli avec chaleur. Pour tout ça je suis tombé sous le charme de cette ville. Elle, c’est Antananarivo la capitale de la grande île : Madagascar.
Je vous en parlerai en 12 points (dont 6  dans cette première partie) car le nombre « 12 » même semble sacré à Antananarivo.

Antananarivo - Crédit photo : Mawulolo

Antananarivo – Crédit photo : Mawulolo

Vous serez surpris par ces choses simples qui m’ont fait craquer pour elle mais qu’y puis-je si je suis un garçon simple ? J’ai bien dit simple hein mais pas facile.

Les douze collines de la ville

Antananarivo est un ensemble géographique formé par douze collines dont j’ai apprécié l’histoire. Rien de mieux pour prouver la virilité malgache. Le roi Andrianampoinimerina avait construit sur chacune de ces 12 collines une demeure pour chacune de ses femmes. Il en avait douze. Ça ce n’est pas donné à tout le monde car j’imagine qu’il faisait le tour des 12 en maintenant un rythme régulier. Les noms de ces collines sont : Ambohimanga, Analamanga, Ambohidratrimo, Ilafy, Ikaloy, Ivohilena, Merimandroso, Alasora, Miadamanjaka, Ampandrana, Ambohidratrimo et Ambohitrontsy. Certains disent que le roi avait plus d’épouses que ça mais officiellement on parle de 12. La vidéo, en fin de billet, vous donnera de plus amples informations sur les rois et reines de Madagascar.

Les hommes virils, il en faut, car ça nous rend fiers. N’y voyez aucune pointe de machisme ou de marginalisation de la femme, non. Être l’épouse de l’empereur, c’est un prestige. Oh Tana, je t’aime car tu rends à l’homme sa virilité.

L’artisanat

Le marché de la digue avec les toitures typiques de l'architecture malgache

Le marché de la digue avec les toitures typiques de l’architecture malgache – Photo : Mawulolo

Que serait Tana sans l’artisanat ? Plusieurs centres commerciaux ou marchés artisanaux permettent de se procurer des sacs, des habits, des sets de tables, des bijoux, des objets d’art et toute sorte de décorations diversifiées. Même les épices sont disposées avec tellement de soins qu’on croirait à des objets d’arts.

Le marché qui m’a le plus plu est celui de la digue. Situé entre deux petites vallées comportant des rizières, ses kiosques à l’architecture malgache s’étendent le long d’une route goudronnée. Les guides d’occasion, les vendeuses et vendeurs vous accueillent et vous font découvrir ce coin charmant. Avec un bon talent de négociateur, vous trouverez surement votre bonheur à bon prix. La bonne connaissance de la monnaie locale (Ariary) vous permettra de bien cadrer vos achats.
A part le marché de la digue, on peut aussi visiter celui de Andravoahangy.

L’architecture malgache

A Tana, vous verrez, en traditionnel comme en moderne, des constructions avec des toits en double pente faits avec des tuiles plates. En construction précaire (argile ou bois) ou en dur (béton), on en retrouve partout. Leur forme est souvent étroite et haute. Les maisons possèdent souvent un seul étage et la partie haute possède une large fenêtre.

Les collines de Tana en sont remplies et même les zones marécageuses ont les leurs. Il faut aussi préciser qu’on peut trouver des toits en tôles sur la même architecture. Les habitats pauvres ou riches de Tana empruntent cette architecture qui fait la particularité d’Antananarivo. Certains édifices de la ville sont érigés sous cette architecture.

Les salons de massage

Un point particulier de la ville est la présence visible de salons de massage. Soyez sans crainte, j’ai juste vu sans tester. Mais, de ce qu’on en dit et de ce qu’on en voit, on ne doit pas le regretter. Il semble qu’il faut choisir une formule qui détermine la fin espérée. Un « normal end » (fin normale) ou un « happy end » (fin joyeuse), le client a le choix. Les massages sont pratiquées quasi-exclusivement par des masseuses et les noms des salons sont évocatrices : « Charmelle massage », « Beautifull massage ».
J’ai été tout particulièrement heureux de lire sur le site d’un des salons cette phrase « Nous proposons uniquement des massages relaxants traditionnels pour bien-être. Nous ne proposons pas des massages à caractère sexuel ou érotique. Nos masseuses ne sont pas des prostituées« .
Ce qui ne semble malheureusement pas être le cas de beaucoup d’autres salons où on vend plutôt le charme et la beauté des masseuses. L’État malgache doit combattre cette prostitution déguisée qui ternit l’image de mon Tana. Mais moi, mon amour reste intact pour la ville

Les rizières

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Fabrication de briques et rizière à Antananariva – Photos : Mawulolo

Les rizières en pleine capitale, cela existe à Tana. En quittant l’aéroport (Ivato) pour se rendre au centre-ville, vous ne pourrez pas les rater. Vous voyez des hommes, des femmes et des enfants s’y activer. Ce qui permet à beaucoup de familles de produire, sur des hectares, du riz. Ils peuvent s’en servir pour nourrir directement leur famille mais aussi pour le revendre.

Une nouvelle route en construction actuellement risque de détruire de grandes surfaces de production de riz dans la capitale. C‘est un feu qui couve car l’Etat ne semble pas encore prêt à dédommager ceux qui seront lésés. J’espère vivement que tout sera fait pour éviter des conflits sociaux qui n’arrangeraient personne.

Les briqueteries traditionnelles

Dans les mêmes zones que les rizières, si vous sentez une odeur de terre cuite ou d’argile brulée, essayez de rechercher l’endroit d’où vient une fumée. Souvent, vous remarquerez des hommes en train de brûler des briques rouges, marron ou grises. Ce sont les ouvriers qui fabriquent des briques à partir de la vase puisée dans les marais. Après l’avoir malaxée et modelée sous la forme voulue, ils procèdent à son endurcissement grâce à une technique de « cuisson » au feu. Les briques sont entassées en quantité assez importante avant leur passage au feu.

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième et dernière partie

Par Roger Mawulolo (Facebook | Twitter)

Tongasoa : « Bonne arrivée » en Malagasy, langue locale

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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7 Commentaires

  1. Description trop alléchante et exotique de Tana. Ça donne plutôt envie d’y faire un tour hein Mawulolo. Sauf que tu ne nous parle pas trop des femmes malgaches. Ahahahahahahahah. Ou alors, ta pas testé. Hihihihihihihihi….

    1. Guy je vous connais non? Et toi je sais que tu as beaucoup de questions dans ta valise et donc j’ai décidé d’anticiper vos pensées.
      Autant « gouverner c’est prévoir » autant bloguer c’est anticiper, sans arrière pensées, les questions de certains co-blogueurs comme toi 😀

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