Le prix Mo Ibrahim encore bredouille

mo ibrahim

Mo Ibrahim, initiateur du prix portant son nom

Le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim a créé, en 2006, un prix éponyme pour récompenser les chefs d’États méritants du continent africain. Le mérite est défini par les qualités de leadership et aussi le fait que le récipiendaire doit avoir quitté son poste démocratiquement. Il doit aussi être venu au pouvoir par l’unique voie d’élections libres et transparentes.
Cette année, le prix Mo Ibrahim n’a pas trouvé preneur. Et ce n’est pas la première fois.
La question est de savoir si ce prix intéresse vraiment les chefs d’États africains. Moi je trouve que non. Ils s’en moquent éperdument. Ce qui me permet de dire qu’en fait c’est Mo Ibrahim qui est bredouille.
Voyons, selon moi, ce que pense un chef d’État d’Afrique subsaharienne de ce prix et de son initiateur. Cette interview est purement fictive et inventée de toute pièce par mes soins.

Bonjour Monsieur le Président.

Bonjour cher ami journaliste.

Connaissez-vous Mo Ibrahim ainsi que le prix qui porte son nom ?

Mo Ibrahim, oui, j’en entends parler. Je me demande pour qui il se prend.
A cause des petits milliards qu’il a pu engranger, on ne sait trop comment, il veut nous embêter. Il veut se faire passer pour un donneur de leçons. Son objectif clairement affiché est de débarrasser l’Afrique des dictateurs corrompus. De toute façon, moi et mes autres amis présidents, nous ne nous sentons pas concernés par cela.
Il veut évaluer notre leadership et notre manière de gérer nos pays. Ce n’est certainement pas à cause de ce prix que nous allons laisser nos juteux postes de Chefs d’États. Qu’il aille chercher sur un autre continent des personnes qui ont besoin de son prix.

Bref, il est qui ? Et il se prend pour qui ?

Monsieur le Président, son initiative est pourtant louable, vous ne trouvez pas ?

Ce Mo Ibrahim ose nous manquer de respect, nous des élus et réélus de nos peuples.
Il n’a qu’à savoir que nous sommes des Présidents de pays indépendants qui n’avons de compte à rendre à personne d’externe à nos pays. D’ailleurs pourquoi ne va-t-il pas regarder chez nos amis El-Béchir et Salva Kiir? N’est-il pas soudanais d’origine ? Il veut nous confirmer que nul n’est jamais prophète chez lui-même ?
Nous les chefs d’États africains, aussi, avons des milliards dans nos comptes même si nous ne pouvons le déclarer officiellement. Il doit alors trouver un autre moyen pour nous inciter à vouloir son prix.

Il nous prend pour qui à la fin ?

Monsieur le Président, vous trouvez que son prix n’a pas de raison d’être ?

Ce qui est étonnant c’est que notre cher Mo Ibrahim a au moins eu, cette année, trois voire quatre chefs d’États qui ont quitté leurs postes à l’issue d’élections mais n’a pas pu attribuer son prix. Le Béninois Boni Yayi, le Tunisien Moncef Marzouki, le Nigérian Goodluck Jonathan ou encore le Tanzanien Jakaya Kikwete pouvaient avoir ce prix mais que nenni. C’est le comble. Il peut garder son prix. Nous, les seuls prix qui nous importent c’est la reconnaissance de nos peuples. Tout le reste nous importe peu. Tant que nos peuples font des marches de soutien massives pour nous, cela nous suffit largement. Tant que nos armées et polices sont à nos ordres et peuvent intervenir pour nous garder en sécurité ou réprimer les manifestations qui nous sont hostiles, cela nous va.

Le seul prix qui nous importe c’est le fauteuil présidentiel et ses privilèges. Tout le reste n’est que du vent.

Merci Monsieur le Président

Merci

Par Roger Mawulolo (Facebook | Twitter)

Nota bene : surtout, soyez convaincus qu’aucun chef d’État africain ne pense ce que j’écris …

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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1 Commentaire

  1. Pauvre Prix. Il est beau avec pour seul defaut ceci: il cherche la femme parfaite qui n’existe presque pas sous nos cieux. Il cherche l’homme parfait, ce qui est rare. Rare, presque…ne veulent pas dire impossible, puis que au moins 1 anciens president, le vieux de Praia l’a deja choppé.

    Je pensais à ADO, le president Emergent, malheureusement, il n’est pas different du monstre froid nietzscheen…

    Alors, cher prix. Attends d’abord de voir le premier qui conduira son pays à l’Emergence, sans l’avoir mis dans le PPTE, et tu sera assailli

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