Doudou Ndiaye Rose, la rose qui n’avait pour épines que ses baguettes de tambour

Le grand ambassadeur de la culture et de la percussion sénégalaise vient de disparaître. Le 19 août, Doudou Ndiaye Coumba Rose le tambour-major est parti sans bruit.

Doudou Ndiaye Rose au Fesman en 2014

Doudou Ndiaye Rose au Fesman en 2014

Capable de diriger cent batteurs, voire plus et sur des rythmes différents, cet homme a fait la fierté du Sénégal et de l’Afrique à travers le monde.

Doudou Ndiaye Coumba Rose avait 85 ans. Il a eu une vie pleine avec des succès dans tous les domaines tant sur la scène qu’en dehors. Au point où l’Unesco l’a classé « trésor humain vivant ». D’aucuns le traitent de « mathématicien des rythmes ».

Le public l’aimait, les femmes l’aimaient et il le leur rendait bien. Il en a épousé un certain nombre (sa religion le lui permettait). Il a aussi monté une troupe de batteuses qu’on appelait les Rosettes qui a fait sensation sur plusieurs scènes. D’ailleurs « Rose » était le nom de sa mère qu’il a ajouté au sien en hommage. Son vrai nom était Mamadou Ndiaye et il revendiquait 42 enfants. Son nom d’artiste était Doudou Ndiaye Coumba Rose. Un physique typique sénégalais : mince et teint noir.

Si je fouille dans mes souvenirs d’enfance, je trouve ceci : j’étais à l’école primaire publique de la Marina à Lomé. En ce temps, existaient encore les magazines de jeunes dénommés « Kouakou » et « Calao ». On nous les vendait à 25 francs Cfa si ma mémoire est bonne. Et c’est dans un numéro de Calao que j’ai lu un article sur cet homme qui pouvait diriger 100 batteurs à la fois. Avec mon intelligence d’enfant, j’ai essayé d’imaginer, mais cela me paraissait un peu incroyable.

Je suis arrivé au Sénégal en étant adulte et avant mes 30 ans, j’ai donc eu l’occasion de voir de mes propres yeux cet homme qui dirigeait la troupe de 100 batteurs et aussi les « Rosettes ». Lors d’un défilé de la fête de l’indépendance du Sénégal, je l’ai vu et aussi au théâtre national Daniel Sorano de Dakar.

Il ne me connaissait pas, mais moi je le connaissais.

Important, l’homme l’était. Au point où le président sénégalais Macky Sall a interrompu ses vacances pour venir saluer sa mémoire.

La rose des tambours est tombée…

Que la terre lui soit légère

Par Roger Mawulolo (facebook / twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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