Obama au Kenya ou la parabole du fils prodigue

L’une des paraboles les plus populaires de la Bible, mais aussi très controversée pour l’opinion est celle du fils prodigue. Même les non-chrétiens connaissent ce récit même s’ils ne savent pas que c’est Jésus Christ qui l’a raconté. Barack Obama, premier président afro-américain des États-Unis, étant cultivé, il connaît certainement l’histoire.
Encore une fois, je vais vous demander, de pardonner mes raisonnements simplistes, mais la vie n’est-elle pas plus simple quand on la prend simplement ?  :

En résumé, la parabole du fils prodigue, c’est l’histoire d’un homme qui avait deux fils. Un matin, l’un vint le trouver pour réclamer sa part d’héritage par avance. Ce qu’il prit. Il s’en alla donc dilapider tous ses biens avec les prostituées et mauvaises compagnies en faisant la belle vie. Il fut réduit à travailler dans les fermes et partageait même la nourriture des porcs. Il se dit un jour « Même les serviteurs de mon père mangent à leur faim alors que je souffre ici. Je vais donc retourner voir mon père pour qu’il me prenne au moins comme serviteur ou employé ».
A son arrivée, le père, fou de joie de le retrouver vivant, fit tuer le veau gras pour faire la fête. L’autre frère qui était toujours resté fidèle à son père fut frustré et en colère. Mais son père lui ceci : « Mon fils, ton frère, qui était mort et perdu est revenu à la vie ».

Je vous épargne de la signification spirituelle de cette parabole. Revenons à Obama et à ce que je lui trouve de comparable avec le fils prodigue.

Obama au Kenya - http://www.samrack.com

Obama au Kenya avant de devenir président – http://www.samrack.com


L’héritage du père…

Nous les Africains, le plus grand héritage qu’on puisse donner c’est la vie. Et donc ça, un Africain, un Kényan le lui a donné. En plus, il porte les prénoms de son père : Barack, Hussein. Si ça, ce n’est pas un héritage, alors dites-moi, c’est quoi ?

Souvent ici, quand tu veux nous rebeller contre un père qui n’assume pas ses responsabilités, on te dit « respecte au moins le fait qu’il t’ait donné la vie ». C’est trop facile non ? Mais c’est comme ça. Donc Obama n’a pas à se plaindre, il a pris son héritage dès sa naissance.

Mes comparaisons …

Obama, depuis qu’il est président des États-Unis a semblé oublier de visiter le Kenya. Aujourd’hui quand on le présente, on désigne le pays de Kenyatta comme le pays du père de Obama. Sachez que nous en Afrique, nous n’avons pas de « pays de notre père », mais que nous avons le même pays que notre père. Point barre.

On vient du même village que son père, du même quartier et de la même maison familiale. La question ne se pose même pas.

Même si votre maman est américaine donc d’un grand pays, vous venez du village de votre père même s’il se trouve dans le fin fond d’un pays pauvre submergé par les problèmes sécuritaires et sociaux. Même si le président de ce pays a été accusé de crimes par la Cour pénale internationale.

Pour en revenir à notre parabole, Obama a bien fait la belle vie aux États-Unis. Il a même avoué avoir touché à la drogue et fait plein d’autres choses répréhensibles quand il était jeune. Vous voyez qu’il n’est pas loin de la belle vie du fils prodigue. La seule différence est que lui a pu aboutir à Michelle.

Il a donc fait la belle vie aux Etats-Unis mais lui a pu devenir sénateur puis président et pas ouvrier comme le fils prodigue indiqué par Jésus Christ dans son récit. Mais qui sait ? Peut-être bien qu’il était un peu malheureux de ne pas être revenu au Kenya depuis là.

Il a donc dû se dire « Il faut quand même qu’avant la fin de ma présidence, j’aille revoir le pays de mon père ».

Le retour…

C’est ici que l’histoire prend tout son sens.

Le fils qui a tant ignoré le pays de son père, surtout depuis qu’il est président, va revenir dans quelques jours au Kenya. Ici, c’est tout comme tuer le veau gras et organiser la belle fête comme le père, dans la parabole, pour le fils n’en déplaise à celui qui est resté et qui l’a toujours servi. Il suffit d’aller voir Nairobi ces jours-ci.
Toute la ville a été nettoyée de fond en comble. Les ordures enlevées et même les habituels mendiants ont disparu de la ville. Les grandes artères et lieux repeints. Nairobi a fait peau neuve.

Côté sécurité, gare aux shebab et aux malfrats qui oseraient pointer le nez à Nairobi. Aucun agent de police ne sera en congé. Tous sont mobilisés pour la réussite de cette grande fête.

Les habitants de Kibera, l’immense bidonville de Nairobi, partageront certainement les mêmes sentiments que le frère déçu, dans la parabole, par la réaction de son père. Eux qui, comme le frère frustré, sont toujours restés fidèles au Kenya quand bien même leur misère est grandissante. Voilà qu’un fils qui vit loin et qui revient est mieux traité qu’eux.

Le comble de l’histoire est que ce fils, contrairement à celui de l’histoire, repartira à la fin de la grande fête.

Espérons juste que de là où il sera, il se souviendra de ce pays dont un des fils lui a donné la vie.
Peut-être que pour se repentir, il accordera finalement les mains de sa fille, Malia, à cet avocat kényan, Félix Kiprono, qui mobilise tout un troupeau comme dot. Pourquoi pas ?
On dit souvent « qui vole un œuf, volera un bœuf ». Moi je vous dis « qui a mangé un veau gras acceptera certainement un troupeau de 50 vaches et 70 moutons bien gras ».

En espérant que ce billet ne me vaille pas un refus définitif de mon visa en cours pour les États-Unis, je vous souhaite une bonne lecture.

Par Mawulolo (facebook / twitter)

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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4 Commentaires

  1. Le Mawulolo Mondoblog ou L’art de comparer deux choses incomparables… non je déconne… en plus sérieux, ça n’a peut-être rien à voir avec le sujet mais, il faut rappeler que le père d’OBAMA est de l’ethnie Louo… Une ethnie qui n’a pratiquement aucune chance de voir un de ses fils Président au Kenya un jour (ils sont pas nombreux… et comme les kenyan vote pour le candidat de leur ethnie… c’est l’ethnie qui a plus d’enfants qui gagne… mdr). Donc si Obama était né au Kenya, il pourra jamais être Président ! Il serait un illustre inconnu… Vive les ETATS-UNIS ahahahahahah

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