Mode féminine : le crépu pas encore à son crépuscule

Mon père m’a toujours dit : « Mon fils, durant toute ta vie, il y a un être qui ne cessera de t’étonner, c’est la femme ».

J’avoue que je croyais qu’il était dans un délire du 3e âge, mais avec le temps, je constate que le vieux me parlait en sage et en expérimenté. Les esprits retors là, n’allez pas penser que mon pater a accumulé son expérience à force de les tester hein. Je vous vois venir.

Il y a quelques années, les femmes autant âgées que jeunes ne juraient que par les cheveux artificiels appelés mèches, postiches, greffages selon les lieux où on se trouve ou par les défrisages.
De nos jours, c’est un retour fracassant aux cheveux crépus naturels africains.
Allez y comprendre quelque chose.

Isaïe Biton Coulibaly aurait certainement répondu « Ah les femmes, encore les femmes, toujours les femmes »

 Le langage tendance les appelle « nappy ». Nappy est la contraction de « naturel (natural)» et de « happy ». Comme quoi la femme retourne au naturel et en est fière.
On retrouve, à foison, des sites web, des blogs, des magazines, des émissions traitant des cheveux crépus. Ils informent sur comment les traiter, comment les entretenir, comment les garder, comment les faire grandir.
Une première édition de Miss Nappy 2015 vient de se tenir à Paris.

Ce n’est pas mal du tout et j’espère que cela fera diminuer le flot de « cheveux de cadavres » qualifiés de cheveux naturels mis en plastique qu’on voit partout sur les marchés à l’approche des fêtes. Au moins dans le devis où le budget à présenter aux hommes en cette période fête, cette ligne disparaîtra. Ce n’est pas rien. Chers camarades, un statut sur Facebook disait il y a quelques jours : « N’habillez pas ce que vous ne pouvez pas déshabillé et ne déshabillez pas ce que vous n’avez pas habiller ». Ce qui va pour les habits va aussi pour les coiffures.
(C’était une digression de ma part, revenons à nos moutons ou plutôt à nos crépus)

Moi en tout cas, si on me réclame un produit de traitement de cheveux crépus, je dirai que nos ancêtres ne se coiffaient qu’avec un peigne.

On voit tous les styles de crépus :

Afro (Boule ou Puff) mamadou1

Ce sont des cheveux crépus longs mais pas tombants. Bonney M. ça vous dit quelque chose ?
On les peigne et on les tasse pour faire « boule » ou bien on les tire pour faire ou puff.
Si Bonney M. ne vous dit rien, je comprendrais que c’est parce que c’est old school. Mais Mamadou de Aya de Yopougon* au moins cela devrait vous être familier puisque c’est récent. Les filles ont maintenant des coiffures ressemblant à celle de Mamadou

Longs

Là, par contre, ils sont longs et tombants. Ce sont des cheveux bantous à l’ européenne ou à l’hindoue quoi. Vous voyez un peu ? Il semble qu’on les obtient avec du travail, du soin et de la patience. En résumé, ce que le défrisage faisait en quelques minutes, on l’obtient après des jours et des mois de soins intensifs.
Quelles souffrances n’endurerait pas une femme pour se faire belle ?
Elles disent souvent qu’elles se font belles pour elles-mêmes et pas pour nous. Si cela est vrai, je dirai qu’elles sont masochistes. Pourquoi souffrir autant pour soi-même ? 😀

Coupé ras

Il s’agit de se couper les cheveux comme un garçon et puis c’est tout. Pour une fois que les femmes veulent faire comme nous, on ne va pas refuser hein.

Tressés

Les crépus peuvent aussi être tressés de diverses manières.

montageChers frères, chers amis hommes et garçons maintenant que nos épouses et sœurs veulent revenir au crépu, pardon, vous aussi vous pouvez laisser le défrisage.
Cela m’a toujours étonné qu’un homme noir puisse défriser ses cheveux crépus pour les avoir longs comme une femme, mais bon j’aime Didier Drogba quand même.

Vive le crépu

*Aya de Yopougon : bande dessinée et dessin animé produits par l’Ivoirienne Marguérite Abouet

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

Archives par auteur

9 Commentaires

  1. Bon célébrons le Nappy. Quand je pense que des millions de dollars sont dépensés par les États africains pour importer des mèches en provenance de la chine, on pourra bientôt s’en servir pour autre chose.

  2. C’est une chose qui me fait un immense plaisir, vivement que la mode prenne de l’envergure et s’impose complètement! Il y en a vraiment assez de tous ces synthétiques qui coutent en plus la peau des fesses. Vive le Nappy, vive le crépu, vive l’Afrique. Comme le dirait William Farrell  » ‘Cause I am Nappy » (oui j’ai osé) Bel article camarade!

  3. Vive le naturel!
    Je n’aime pas trop le terme ‘nappy’, je préfère dire ‘cheveux naturels’ tout simplement. Une décision que j’ai pris il y a 6ans et que je ne regrette nullement, déjà pour la simple bonne santé de mon crâne!
    Merci pour ton article.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *