Je prie (est-ce que je crois ?) donc je tue

Hervé Gourdel au Parc national du Djurdjura en Kabylie

Hervé Gourdel au Parc national du Djurdjura en Kabylie (RFI)

En cette matinée où tous les médias parlent de l’assassinat d’Hervé Gourdel, le plus récent d’une longue série, je ne puis m’empêcher de penser à ce phénomène de « tuer au nom de la religion ». Ce phénomène qui, certes, existe depuis belle lurette (demander à Jeanne d’Arc ou à Galilée, le savant), mais dont l’ampleur est décuplée de nos jours.

C’est un véritable casse-tête chinois pour les grandes nations, mais nous aussi ne devons pas être en reste. The « Original Black African Managing America » (Obama) et Hollande en perdent le sommeil mais nous, devons-nous dormir ?

Au nom de la religion, Boko Haram ne cesse d’enlever surtout des jeunes filles partout où il passe et j’attends toujours qu’on m’indique là où dans le Livre saint, il est écrit que cela doit se faire. Le problème de la place de la femme dans nos conceptions, nos pensées et nos politiques se pose encore avec acuité.

Ces mouvements arrivent à avoir des adeptes de par le monde. Les combattants viennent de partout et pas seulement des milieux défavorisés qui demeurent leur zone de recrutement préférée. Ce qui nous interpelle à divers niveaux et surtout l’éducation en son sens large. Nos systèmes socio-éducatifs n’ont-ils pas fait faillite ou du moins n’ont-ils pas trop de failles ?

Je crois bien que oui et ce sont ces failles que ces mouvements exploitent pour enrôler les « âmes » faibles et manipulables à souhait.

En paraphrasant un dicton célèbre, je dirai « ventre affamé n’a point d’oreille pour écouter la voix de la raison ». Au vu de ce qui se passe dans le monde je corrigerai en disant « Ventre affamé a l’oreille pour écouter la voix de celui qui le nourrit ».

img_articleLa nature ayant horreur du vide, là où l’éducation familiale, scolaire et civique en ont laissé, il y aura toujours la voix des extrémistes pour le remplir.

En observant la pauvreté, l’ignorance et la corruption qui règnent encore un peu partout, nous avons beaucoup à craindre pour l’avenir.

Nos arsenaux juridiques sont-ils prêts à combattre ces mouvements ? A ce jour, il existe encore des pays dont la législation ne prévoit aucune mesure contre un crime perpétré sur leur sol par un étranger. Ils sont souvent obligés de l’extrader vers son pays d’origine pour qu’il soit jugé. Encore faut-il que certains pays puissent réellement préparer tous les dossiers d’extradition pour qu’aucun avocat défenseur n’y décèle des failles (oui toujours) pour faire acquitter un criminel.

Dans tous les cas, les fameuses grandes nations ont du pain sur la planche pour éradiquer tous ces mouvements djihadistes par-ci islamistes par-là. C’est ce que nous pensons souvent alors que nous-mêmes nous devons aussi être des acteurs à la base par l’éducation et la sensibilisation.

Pour finir, je dirais que ces tueurs ne sont pas des croyants. Ils sont juste (et ça encore, il faudra vérifier) des prieurs. Aucune religion ne tolère l’atteinte à la vie de l’homme, mais l’homme lui-même ne cesse de manipuler les religions à sa guise pour tuer l’homme.

« Homo homini lupus », vous avez dit ?

 

 

À propos de l'auteur

Mawulolo

Travaillant dans le domaine des TICs (Ingénieur Informaticien) dans un organisme international africain, il me semble au fil des ans que je deviens accro à l'écriture et à la communication. Que ce soit sous forme d'articles ou de commentaires sur le web, de présentation radio ou de spectacle, je m'y sens de plus en plus comme un poisson dans l'eau. Je suis un africain né sur le continent noir et y vivant. J'aime traiter de politique, de société et aussi de sport. Au delà, la gestion de programme Jeunesse est mon dada. A ce titre, je suis le gestionnaire actuel des projets "Jeunesse" d'une communauté regroupant 35 associations, venant de 24 pays, réparties en Europe, en Afrique, en Amérique latine, dans l'Océan indien et dans le Pacifique

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